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Par Nana Karikari, Correspondante senior des affaires mondiales
Les forces militaires ougandaises et congolaises ont réussi à secourir au moins 200 civils d’un camp d’insurgés islamistes dans l’est de la République Démocratique du Congo. L’opération conjointe a ciblé les Forces Démocratiques Alliées (ADF), un groupe militant dont les racines historiques se trouvent en Ouganda et qui opère actuellement comme une branche de l’État Islamique en Afrique Centrale. Des responsables militaires ont confirmé lundi que le sauvetage a eu lieu la semaine dernière lors d’un raid sur un important bastion de l’ADF situé le long de la rivière Epulu dans la province d’Ituri.
Conditions de captivité et préoccupations humanitaires
Les otages libérés, y compris une fille de 14 ans reconnue comme la plus jeune captive, sont sortis du camp dans un état physique désastreux. Selon un communiqué officiel de l’armée ougandaise, beaucoup des personnes secourues souffraient de paludisme, d’infections respiratoires et d’épuisement extrême. L’armée a noté que les survivants avaient enduré une période de privations sévères et de violence sous le contrôle du groupe insurgé.
« Beaucoup [des captifs] ont raconté les conditions difficiles en captivité, y compris le manque de nourriture, le travail forcé et les punitions pour désobéissance », a déclaré un communiqué militaire. « Plusieurs semblaient affaiblis, souffrant de maladies non traitées telles que le paludisme, des infections respiratoires et un épuisement physique. »
Le général de division Stephen Mugerwa, commandant global de l’opération Shujaa, s’est adressé aux survivants pour les rassurer sur leur statut et leur retour éventuel dans leurs communautés.
« Vous n’êtes pas en détention. Vous êtes les victimes d’enlèvement, et nous veillerons à ce que vous soyez remis aux autorités compétentes afin que vous puissiez retrouver vos familles », a déclaré Mugerwa.
Évolution des Forces Démocratiques Alliées
Les ADF ont commencé leurs opérations en 1994 en tant que mouvement rebelle en Ouganda, affirmant à l’époque que le gouvernement national persécutait la population musulmane. Après de lourdes offensives de l’armée ougandaise il y a vingt-cinq ans, les restes du groupe se sont repliés de l’autre côté de la frontière dans les forêts denses de l’est de la RDC. Au cours de la dernière décennie, le groupe a significativement augmenté sa présence et sa létalité le long de la frontière partagée.
L’organisation a évolué d’une rébellion locale à une menace terroriste régionale après avoir prêté allégeance à l’EIIL il y a environ dix ans. Bien que la direction du groupe ait signalé sa loyauté dès 2016, l’EIIL n’a pas commencé à revendiquer officiellement les attaques de l’ADF à travers ses canaux médiatiques centraux avant 2019. Le groupe est maintenant reconnu comme une entité terroriste par les États-Unis et les deux gouvernements régionaux, et il reste sous sanctions des Nations Unies en raison de son rôle dans les tueries de masse et les enlèvements de civils.
Gains militaires et impacts sur la sécurité régionale
Le sauvetage s’est déroulé dans le cadre d’une phase intensifiée de l’opération Shujaa, une initiative militaire conjointe entre les Forces de Défense du Peuple Ougandais (UPDF) et les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Cet effort collaboratif a gagné en ampleur depuis janvier, entraînant la destruction de plusieurs camps d’insurgés majeurs et la récupération de caches d’armes significatives. Lors du plus récent raid sur le camp mené par un commandant de l’ADF connu sous le nom de Ssebagala, ou Mzee Mayor, plusieurs militants ont été tués.
Les responsables militaires rapportent que la pression soutenue sur l’ADF a conduit à une amélioration notable de la stabilité régionale. L’offensive a permis aux résidents déplacés de rentrer dans leurs villages, a facilité la réouverture des écoles locales et a encouragé la reprise du commerce transfrontalier vital entre l’Ouganda et la RDC.
« L’offensive soutenue a amélioré la sécurité dans certaines parties de l’est de la RDC, permettant aux communautés déplacées de rentrer chez elles, aux écoles de rouvrir et au commerce transfrontalier entre l’Ouganda et la RDC de reprendre », a ajouté le communiqué militaire.
Défis persistants dans l’est du Congo
Malgré les récents succès militaires, l’est de la RDC reste un paysage volatile marqué par des insurgences complexes et des crises humanitaires. L’ADF continue d’être un moteur principal de la violence, des études indépendantes récentes suggérant que le groupe est responsable de plus de la moitié des décès civils dans la région touchée par le conflit. Plus tôt ce mois-ci, une attaque attribuée au groupe dans le territoire de Mambasa a fait plus de 70 morts, soulignant la capacité continue du groupe à frapper malgré la pression militaire.
La récente augmentation des activités militaires conjointes contre l’ADF coïncide avec un accord de paix fragile impliquant les rebelles M23, un autre groupe important opérant plus au sud. Les tensions diplomatiques entre le Congo et le Rwanda se sont légèrement apaisées suite à la signature des Accords de Washington médiés par les États-Unis en décembre 2025, permettant aux forces congolaises de rediriger leurs ressources vers l’ADF. Bien que l’intensification de l’opération Shujaa ait réussi à libérer des centaines de captifs, la persistance de l’ADF dans les provinces d’Ituri et du Nord Kivu souligne les défis de sécurité à long terme auxquels fait face la région des Grands Lacs.
La récupération en toute sécurité de ces 200 civils représente une victoire tactique significative pour la coalition conjointe, mais pour les dirigeants régionaux, l’objectif ultime reste le démantèlement total de l’infrastructure de l’ADF. Alors que les familles secourues commencent le long processus de réunification et de rétablissement, la communauté internationale continue de surveiller si cet élan militaire peut enfin se traduire par une paix durable pour les populations longtemps éprouvées de l’est de la RDC.
