KINSHASA, Congo — Des affrontements violents ont éclaté vendredi dans la capitale congolaise, Kinshasa, lors d’un rassemblement contre une proposition de modification constitutionnelle que les opposants estiment pouvoir ouvrir la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi.
La manifestation, organisée par la coalition d’opposition C64, a été dispersée par la police avec des gaz lacrymogènes après que des manifestants aient été confrontés à des partisans pro-gouvernementaux devant le Parlement.
Le Congo est en proie à de multiples crises, notamment une épidémie d’Ebola et une intensification du conflit de longue durée avec les rebelles M23 soutenus par le Rwanda, parmi plus de 100 groupes armés luttant pour le contrôle dans les provinces orientales.
Tshisekedi, 62 ans, est au pouvoir depuis 2019 et doit achever son second mandat de cinq ans en 2028. Il a déclaré qu’il serait prêt à briguer un troisième mandat si cela était approuvé par les électeurs lors d’un référendum.
La Constitution congolaise interdit toute révision des limites de mandat présidentiel. Cependant, un projet de loi actuellement examiné à l’Assemblée nationale, chambre basse, permettrait au président de modifier ces dispositions en cas de « grande dysfonction » paralysant les institutions de l’État, potentiellement après un référendum.
Les principaux partis d’opposition du pays, qui étaient divisés ces dernières années, ont uni leurs forces en mai sous la bannière de C64, ou Coalition Article 64, pour s’opposer à ce qu’ils décrivent comme une tentative de Tshisekedi de rester au pouvoir. La coalition a qualifié les modifications proposées de « sérieuse menace » pour la stabilité du pays.
Le rassemblement de vendredi a dégénéré en affrontements entre les partisans de l’opposition et les activistes pro-gouvernementaux avant l’intervention de la police.
Parmi les blessés se trouvait Martin Fayulu, deuxième lors de l’élection présidentielle de 2018 et l’une des figures les plus en vue de l’opposition congolaise. Une vidéo publiée sur sa page Facebook officielle montrait Fayulu avec du sang visible autour de ses yeux et sur le col de sa chemise blanche, tandis que des partisans l’aidaient à traverser une foule.

