Une « garde minière » pour sécuriser les ressources
L’Inspection générale des mines (IGM) a annoncé, lundi 27 avril, la création d’une « garde minière », une unité spéciale chargée de sécuriser toute la chaîne d’exploitation des minerais. Cette force paramilitaire aura pour mission de protéger les sites d’extraction et d’assurer le transport sécurisé des ressources, dans un secteur souvent touché par la fraude et l’insécurité.
Un enjeu stratégique mondial
La République démocratique du Congo est un acteur clé sur le marché mondial des minerais critiques. Elle produit environ 70 % du cobalt mondial, essentiel pour les batteries électriques et les technologies de défense, et possède d’importantes réserves de coltan, de cuivre et de lithium. Ce potentiel attire de nombreuses puissances, notamment les États-Unis, qui cherchent à concurrencer la domination de la Chine dans ce secteur stratégique.
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Un projet soutenu par des partenaires internationaux
Le programme, doté d’un budget de 100 millions de dollars, s’inscrit dans le cadre de partenariats avec les États-Unis et les Émirats arabes unis. Il prévoit le déploiement progressif de plus de 20 000 agents d’ici 2028 dans les 22 provinces minières supervisées par l’Inspection générale des mines. Un premier contingent devrait être opérationnel dès décembre 2026, après une formation intensive de six mois.
Une militarisation croissante du secteur
La création de cette garde minière s’inscrit dans une tendance plus large de militarisation de la sécurisation du secteur extractif. Des paramilitaires liés à des sociétés proches de l’homme d’affaires américain Erik Prince sont déjà présents en République démocratique du Congo pour soutenir l’armée. Un développement qui souligne l’importance stratégique croissante des minerais congolais dans les équilibres économiques et géopolitiques mondiaux.

