L’opposant Jean-Marc Kabund, président du parti politique Alliance pour le changement, a vivement critiqué la politique du gouvernement congolais d’accueillir à Kinshasa des migrants des pays tiers expulsés par les États-Unis pour divers motifs.
L’ancien député national, qui s’est exprimé vendredi devant ses sympathisants à Kinshasa lors de la célébration des quatre ans de son parti, créé après sa rupture avec Félix Tshisekedi, a souligné la grandeur des États-Unis, bien plus vastes que la RDC, qui devrait accueillir des migrants et non l’inverse, selon lui.
« Les États-Unis d’Amérique ont une superficie de 9 867 000 kilomètres carrés, tandis que le Congo n’en a que 2 345 000, ce qui fait que la RDC pourrait entrer 4,2 fois dans les États-Unis. Avec une population estimée à 100 millions d’habitants contre 345 millions pour les États-Unis, on constate que les USA ont 35 000 habitants par kilomètre alors que le Congo en a 45 000. Dans ce cas, qui doit envoyer les gens chez l’autre ? », interroge-t-il la foule qui répond en chœur : « la RDC ! »
Concernant les négociations en cours entre Kinshasa et Washington sur la déportation à Kinshasa de plus de 1000 Afghans ayant combattu pour les USA pendant la guerre d’Afghanistan (2001-2021), Jean-Marc Kabund s’oppose à l’accueil de ce qu’il qualifie de « terroristes » à Kinshasa, une ville déjà menacée par une insécurité croissante due à la criminalité sous toutes ses formes.
Cet ancien vice-président de l’Assemblée nationale critique la faiblesse du gouvernement congolais face à l’administration Trump, qu’il accuse de vouloir faire de la RDC son 53ème État, et dénonce leur mauvaise foi pour ne pas tenir leurs promesses envers les Afghans qui les avaient aidés dans le passé. Il a également rappelé la souveraineté nationale et internationale dont jouit la RDC, à laquelle aucun État au monde ne peut dicter des politiques.
Plus de 1100 Afghans, comprenant des hommes, des femmes et des enfants, ont depuis Doha rejeté le plan de l’administration Trump de les transférer en RDC. Ils refusent de se retrouver dans une situation de conflit, dans un pays où ils n’ont ni famille ni langue commune. Ils appellent les États-Unis à respecter les promesses faites durant la guerre d’Afghanistan, déclenchée par les attentats du 11 septembre perpétrés par Al-Qaïda, qui opérait sous la protection des Talibans.
Cette décision de Kinshasa d’accueillir des migrants des pays tiers expulsés par les États-Unis découle d’un accord négocié entre le gouvernement congolais et Washington. Il s’agit d’un dispositif temporaire, financé par les États-Unis d’Amérique, Kinshasa étant perçue comme un point de transit, après quoi ces migrants, munis d’un titre de court séjour en RDC, retourneront dans leurs pays respectifs. La Colombie, qui n’a pas accepté « l’ostracisme » dont font l’objet ses citoyens, a demandé le rapatriement immédiat des Colombiens arrivés la semaine dernière à la capitale congolaise.
Samyr LUKOMBO

