La République Démocratique du Congo et l’Ouganda rapprochent le diagnostic d’Ebola des communautés frontalières | OMS


Kasenyi, République Démocratique du Congo— Kasenyi, situé sur les rives occidentales du lac Albert dans la province de l’Ituri dans l’est de la République Démocratique du Congo, est un point de passage stratégique à la frontière du pays avec l’Ouganda. Chaque jour, des personnes se déplacent entre les deux pays, favorisant le commerce et les échanges communautaires, ce qui rend cette partie de la zone de santé de Tchomia—accueillant plus de 94 000 personnes—particulièrement vulnérable à la propagation des maladies épidémiques. Dans ce contexte, la rapidité du diagnostic peut faire toute la différence pour interrompre la transmission d’Ebola et protéger à la fois les communautés et les travailleurs de la santé.

À cette fin, la République Démocratique du Congo et l’Ouganda ont renforcé la capacité de diagnostic à Kasenyi grâce au déploiement d’un laboratoire mobile, avec le soutien de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de ses partenaires. Cette action conjointe vise à rapprocher les services de diagnostic de la maladie Ebola des communautés vivant dans cette zone frontalière et à accélérer la confirmation des cas suspects.

“Le laboratoire mobile a été installé ici parce que des cas positifs de la maladie à virus Bundibugyo ont été signalés dans la zone de santé de Tchomia. Son déploiement permet une confirmation rapide des cas, soutient la surveillance transfrontalière et aide à interrompre la chaîne de transmission,” a expliqué le Dr Olga Ntumba Tshitenge, responsable du laboratoire à l’OMS en République Démocratique du Congo.

Cette collaboration fait partie des efforts conjoints de la République Démocratique du Congo et de l’Ouganda pour mieux faire face aux risques sanitaires transfrontaliers. “Les virus ne reconnaissent pas les frontières,” dit le Dr Tshitenge. Selon elle, la coopération entre la République Démocratique du Congo et l’Ouganda facilite le partage d’informations et permet aux équipes des deux pays de mieux coordonner leurs interventions dans les zones touchées.

Avant l’installation du laboratoire mobile, les échantillons collectés à Kasenyi devaient être transportés à Bunia. Malgré une distance relativement courte de 55 kilomètres, les mauvaises conditions routières pouvaient prolonger le trajet à près de trois heures. Avec le temps nécessaire pour l’analyse et la transmission des résultats, la confirmation d’un cas suspect pouvait parfois prendre jusqu’à cinq heures.

Depuis le déploiement du laboratoire le 23 juillet 2026, ce temps d’attente a été drastiquement réduit. “Aujourd’hui, les analyses peuvent être réalisées directement à Kasenyi et les résultats sont disponibles en environ une heure,” a expliqué Nelson Kashali, biologiste et chercheur à l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB), et superviseur des équipes du laboratoire mobile de Kasenyi.

En quelques jours de fonctionnement, le laboratoire mobile a déjà analysé plus de 20 échantillons. Il est géré par une équipe congolaise de neuf professionnels de laboratoire travaillant aux côtés de leurs homologues ougandais pour assurer un diagnostic rapide des cas suspects.

Au sein de cette unité mobile, Rebecca Mave, biologiste médicale à l’Hôpital Général de Référence de Tchomia, est responsable de la réception, de la décontamination et de la préparation des échantillons avant analyse. Chaque étape est réalisée selon des protocoles de biosécurité stricts pour garantir la fiabilité des résultats et la protection des équipes de laboratoire.

“Chaque échantillon suit un processus rigoureux, de la réception à l’analyse. Respecter chaque étape est essentiel pour garantir des résultats fiables et protéger les équipes travaillant dans le laboratoire,” explique-t-elle.

Cette capacité de diagnostic de proximité améliore également la prise en charge des patients et les interventions en santé publique. Pour Lonu Ngbapeni Absalom, un travailleur de la santé communautaire à Kasenyi, des résultats plus rapides signifient une action immédiate. “Depuis l’établissement de ce laboratoire, nous obtenons des résultats beaucoup plus rapidement. Cela nous permet de gérer les cas sans délai et d’agir immédiatement lorsqu’un résultat est confirmé,” note-t-il.

Absalom se souvient du cas d’une femme dont la mort avait été initialement attribuée à des complications d’un avortement. Grâce au laboratoire, l’échantillon a été analysé le jour même et confirmé comme une infection à Ebola. Les équipes ont alors pu mettre en œuvre rapidement des mesures de santé publique, notamment prendre soin de ses enfants et décontaminer son domicile pour réduire les risques de transmission.

Dans le cadre de la réponse, l’OMS soutient le ministère de la Santé Publique, de l’Hygiène et des Soins Préventifs en fournissant du matériel, des réactifs et des consommables, ainsi que la formation des équipes et une assistance technique continue. Au début de l’épidémie, seuls deux laboratoires pouvaient confirmer les cas d’Ebola. Aujourd’hui, 18 laboratoires peuvent effectuer ce diagnostic, renforçant ainsi la capacité du pays à détecter les cas tôt et à soutenir la réponse.

Pour les populations vivant à la frontière entre la République Démocratique du Congo et l’Ouganda, le laboratoire mobile représente bien plus qu’une capacité de diagnostic supplémentaire. En rapprochant les services de diagnostic de la maladie Ebola des communautés, il permet une confirmation plus rapide des cas suspects, accélère la prise en charge des patients et renforce la protection des familles. Cette initiative illustre comment le partenariat entre les deux pays améliore non seulement la réponse actuelle à l’épidémie de maladie à virus Bundibugyo, mais aussi renforce la préparation pour de futures urgences sanitaires.



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