Une rentrée scolaire marquée par Ebola, des grèves et des conflits.


Des millions d’élèves congolais sont appelés à reprendre le chemin de l’école ce mardi 1er septembre, pour l’année scolaire 2026-2027. Le gouvernement maintient la rentrée sur l’ensemble du territoire, mais celle-ci s’annonce très différente selon les régions, entre crise sanitaire, revendications sociales et guerre dans l’est du pays.

Six provinces sont concernées par l’épidémie d’Ebola : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Haut-Uele, la Tshopo, le Sud-Kivu et le Bas-Uele. Selon le rapport sanitaire arrêté au 29 août, 60 zones de santé sur 151 ont été touchées.

L’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie, concentrant 82,3% des cas confirmés cumulés. Pour limiter les risques, les autorités ont adopté un système reposant sur trois niveaux.

Dans les zones vertes, les cours se déroulent normalement avec des mesures préventives. Les zones orange restent ouvertes, mais avec un dispositif sanitaire renforcé et une surveillance accrue. Dans les zones rouges, considérées comme les plus exposées, un enseignement à distance temporaire pourra être organisé à travers des supports papier, la radio ou la télévision.

Les ressources doivent être prioritairement dirigées vers les secteurs présentant les risques sanitaires les plus importants.

Lire aussi : RDC : l’OMS réclame une trêve humanitaire face à Ebola

La rentrée est également fragilisée par un conflit social. Le Syndicat des enseignants du Congo (Syeco) maintient son appel à la grève et demande aux parents de garder leurs enfants à domicile.

Le syndicat réclame notamment un salaire mensuel de 500 dollars, la régularisation des enseignants non payés et des nouvelles unités, ainsi que des améliorations concernant la retraite, la couverture sanitaire et les conditions de travail.

Des discussions ont toutefois eu lieu entre le ministère et l’Intersyndicale des enseignants le 28 août. Les échanges ont porté sur les salaires, les statuts, la retraite et le système de paiement. Malgré ces discussions, le mot d’ordre du Syeco n’a pas été officiellement levé.

Dans l’est, une rentrée sous contrôle de l’AFC/M23

Une situation particulière prévaut dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23. À Bukavu, les autorités du mouvement ont réuni des responsables scolaires et des enseignants afin de préparer la reprise des cours.

Paradoxalement, les enseignants du primaire et du secondaire continuent d’être rémunérés par le gouvernement central de Kinshasa. L’organisation locale de la rentrée relève donc des autorités de fait, tandis que le financement d’une partie du système éducatif reste assuré par l’État congolais.

La rentrée scolaire est officiellement maintenue partout en RDC. Mais sur le terrain, son déroulement dépendra largement de l’évolution d’Ebola, de la mobilisation des enseignants et du niveau d’insécurité.

Le véritable test commencera dès ce mardi : assurer la continuité de l’éducation tout en protégeant élèves et enseignants dans un pays confronté simultanément à une crise sanitaire, sociale et sécuritaire.



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