L’organisation Horizon Sans Frontières tire la sonnette d’alarme face à l’accueil en République démocratique du Congo de migrants expulsés par des puissances étrangères, dénonçant une atteinte grave aux droits humains et à la souveraineté africaine.
L’accueil en République démocratique du Congo (RDC) de migrants expulsés dans le cadre de politiques étrangères suscite une vive polémique. Dans une déclaration ferme, l’organisation internationale Horizon Sans Frontières dénonce une “triple dérive” : externalisation des politiques migratoires, atteinte aux droits fondamentaux et risque de transformation de l’Afrique en zone de relégation.
Son président, Boubacar Seye, pointe du doigt ce qu’il qualifie de “mécanique brutale et cynique”, imputée notamment à des orientations politiques impulsées sous l’ère de Donald Trump. Selon lui, il s’agit d’un système de délocalisation des expulsions vers des États africains déjà fragilisés par des crises sécuritaires et économiques.
Dans ce contexte, la RDC est décrite comme un pays vulnérable, exposé à une pression extérieure qui remet en cause sa souveraineté. “Il s’agit d’une instrumentalisation de l’Afrique”, insiste l’organisation, évoquant des accords opaques où des migrants seraient “déplacés comme des colis”, sans garanties de protection ni perspectives d’intégration.
Pour Horizon Sans Frontières, cette situation franchit une “ligne rouge”, assimilée à une forme contemporaine de déportation. L’organisation redoute un précédent susceptible d’ouvrir la voie à une sous-traitance migratoire globale, où des pays africains serviraient de zones tampons pour les politiques migratoires du Nord.
Face à cette situation, l’organisation appelle les autorités congolaises à rejeter tout arrangement de ce type et interpelle également l’Union africaine ainsi que la communauté internationale. Elle insiste sur la nécessité d’une réponse collective pour défendre la dignité humaine et préserver la souveraineté des États africains.

