« Selon nos projections […] l’ampleur de l’épidémie représente au moins deux à quatre fois le nombre de cas recensés », a annoncé devant la presse Chikwe Ihekweazu, qui dirige le programme de l’OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire, précisant toutefois que la capacité de l’organisation à « détecter les cas s’accroît et s’améliore chaque jour ».
Décrétée il y a deux mois, l’épidémie d’Ebola en RDC a déjà officiellement causé plus de 700 morts pour près de 2 000 cas. Déclarée en Ituri, à la frontière du Soudan du Sud et de l’Ouganda, elle s’étend désormais à quatre autres provinces : Nord-Kivu, Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uélé. Vingt cas ont également été répertoriés en Ouganda voisin.
Une progression rapide sur le terrain
« Il s’agit désormais de la troisième plus importante épidémie d’Ebola jamais enregistrée, et (c’est) celle qui connaît la progression la plus rapide en un seul mois de toutes les épidémies d’Ebola que nous avons gérées », a alerté Chikwe Ihekweazu, de retour d’un déplacement dans l’est de la RDC. Selon lui, « malgré les progrès accomplis, l’épidémie continue de devancer les efforts de riposte des autorités nationales, des partenaires internationaux, y compris l’OMS, et des communautés les plus touchées ».
Le constat « le plus alarmant » réside probablement à ses yeux dans le fait que « bon nombre des nouveaux cas signalés concernent des personnes décédées au sein de leur communauté, sans jamais avoir atteint un établissement de santé ni reçu de soins ». « Nous devons détecter les cas plus tôt. Nous devons renforcer et accélérer la recherche des contacts. Nous devons veiller à ce que les établissements de santé soient accessibles, sûrs et dignes de la confiance des communautés qu’ils desservent », a-t-il ajouté, précisant que plus de 90 % des cas étaient toujours détectés en Ituri.

