Les États-Unis ont annoncé jeudi l’imposition de sanctions à Joseph Kabila, un ancien président de la République Démocratique du Congo (RDC) en exil auto-imposé depuis 2023.
Le gouvernement américain a indiqué que Kabila, âgé de 54 ans, aide des groupes armés qui déstabilisent l’est de la RDC. Il a été lié au Mouvement du 23 mars (M23) soutenu par le Rwanda.
Le ministère des Finances a déclaré que le M23 et son bras politico-militaire, l’Alliance du fleuve Congo (AFC), ont semé le chaos, causant la mort de milliers de civils et des déplacements massifs.
Kabila, qui soutient un candidat opposé à l’actuel dirigeant, est accusé de financer l’AFC pour regagner de l’influence sur le gouvernement et d’encourager les troupes de la RDC à faire défection et à rejoindre les forces de l’AFC.
Selon un communiqué du Département d’État, le soutien financier et politique d’individus, y compris Kabila, a permis aux organisations militantes d’être les “principaux protagonistes de la violence et de l’instabilité dans la région.”
Washington a exprimé sa solidarité avec le peuple congolais et a appelé les dirigeants régionaux à rejeter ceux qui perpétuent la violence, promettant de tenir pour responsables quiconque entrave les efforts de paix.
L’administration Trump a réitéré sa détermination à garantir que toutes les parties respectent leurs engagements dans le cadre des Accords de Washington pour la paix et la prospérité et le Cadre de Doha.
Kabila, quatrième président de la RDC de 2001 à 2019, a pris ses fonctions après l’assassinat de son père, le président Laurent-Désiré Kabila. En 2025, un tribunal militaire de Kinshasa l’a condamné pour trahison et crimes de guerre.
En réaction à la sanction, le vice-premier ministre de la RDC, Jacquemain Shabani, a qualifié Kabila de “l’instigateur, l’initiateur, l’architecte de la déstabilisation du Congo,” et parmi ceux qui rendent la paix insaisissable.
La semaine dernière, des représentants de la RDC, du Rwanda, des États-Unis, du Qatar et du Togo (médiateur de l’Union Africaine), ainsi que de la Commission de l’Union Africaine, se sont réunis pour évaluer la mise en œuvre de l’Accord de paix.
La cinquième réunion du Comité de supervision conjointe, tenue à Washington, DC, a vu une présentation de la RDC et du Rwanda sur les efforts en cours pour désescalader les tensions et faire progresser la situation sur le terrain.
Le Qatar a également fourni une mise à jour sur la médiation entre la RDC et l’AFC/M23. Les parties ont affirmé leur engagement commun à maintenir l’élan du processus de paix et à s’appuyer sur les progrès réalisés jusqu’à présent.

