Le Congo fait appel au soutien des États-Unis et des Émirats arabes unis pour une nouvelle force de sécurité minière.


La République Démocratique du Congo se prépare à renforcer le contrôle de son industrie minière lucrative avec l’annonce d’une nouvelle force paramilitaire, une mesure que les autorités affirment protégera les opérations et rassurera les investisseurs étrangers à un moment d’intérêt géopolitique renouvelé pour la richesse minérale du pays.

L’initiative, dévoilée lundi par l’Inspection Générale des Mines, sera mise en œuvre par phases. Un contingent initial de 2 500 à 3 000 recrues devrait être prêt d’ici décembre après six mois de formation aux côtés de l’armée.

Au fil du temps, l’unité devrait se développer en une force nationale de plus de 20 000 personnels, couvrant les 22 provinces minières d’ici 2028. Les responsables affirment que l’objectif à long terme est de renforcer la supervision étatique de la production minérale tout en répondant aux préoccupations des investisseurs concernant la sécurité et la transparence.

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Le financement du programme de 100 millions de dollars est assuré grâce à des partenariats impliquant les États-Unis et les Émirats Arabes Unis, selon le communiqué.

Le Congo reste l’une des sources les plus importantes de coltan au monde, le minerai utilisé pour extraire le tantal, un matériau essentiel à la fabrication de smartphones, d’ordinateurs et de moteurs d’avion. Malgré cette richesse en ressources, le pays fait face à des défis persistants liés aux réseaux de mines illégales et à l’instabilité, en particulier dans ses régions orientales.

Ces provinces orientales ont subi des années de violence, les affrontements entre les troupes gouvernementales et les groupes rebelles soutenus par le Rwanda ayant fait des milliers de morts et provoqué des déplacements massifs.

Le président du Congo vise à « assainir l’ensemble du secteur minier, en éliminant les pratiques contraires à la bonne gouvernance, à la transparence et à la traçabilité des minéraux », a déclaré l’inspecteur général des mines, Rafael Kabengele, dans le communiqué.

Une fois opérationnelle, la nouvelle garde assumera des responsabilités actuellement gérées par l’armée nationale. Ses tâches incluront la sécurisation des sites miniers, l’escorte des expéditions de minéraux vers des centres de traitement et des points frontaliers, et la protection des projets soutenus par des étrangers.

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Cette initiative s’inscrit également dans le cadre de l’effort plus large des États-Unis de contrer l’emprise de la Chine sur les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques. Un accord minier signé l’année dernière entre le Congo et les États-Unis a déjà vu la société américaine Virtus Minerals prendre le contrôle du producteur de cuivre et de cobalt Chemaf, avec d’autres entreprises occidentales explorant des opportunités, y compris dans des zones touchées par l’activité rebelle.

Selon le Service géologique des États-Unis, le Congo a représenté environ 40 % de la production mondiale de coltan en 2023. Plus de 15 % de l’approvisionnement mondial en tantal proviendrait des mines de Rubaya à l’est, une zone sous contrôle rebelle.

L’instabilité dans l’est du Congo persiste depuis des décennies, avec de nombreuses factions armées opérant dans la région. Bien qu’un accord négocié par les États-Unis entre le Congo et le Rwanda l’année dernière ait suscité des espoirs de désescalade et d’amélioration de l’accès aux ressources minérales, les tensions restent non résolues.

Les discussions entre le gouvernement et les rebelles M23 sont en cours, mais les hostilités se poursuivent sur plusieurs fronts, soulignant l’environnement de sécurité fragile entourant l’une des régions les plus riches en ressources du monde.

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