Une épidémie mortelle d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo risque d’aggraver la situation humanitaire déjà désastreuse dans cette région troublée, a averti vendredi le directeur de l’est de l’Afrique de l’Unicef.
Riche en minerais précieux mais déchirée par des décennies de conflits, l’est de la RDC est l’épicentre d’une épidémie de fièvre hémorragique qui a infecté 1 792 personnes et tué 625 depuis sa détection en mai, selon les dernières données des autorités sanitaires congolaises.
L’épidémie est causée par la souche de Bundibugyo du virus, pour laquelle il n’existe pas de vaccin.
“Le virus évolue très rapidement et se propage très vite,” a déclaré Gilles Fagninou, directeur régional du fonds de l’ONU pour l’enfance, à l’AFP après une visite dans la province durement touchée de l’Ituri.
“La plus grande peur aujourd’hui est que nous ayons des mémoires courtes et que nous nous concentrions exclusivement sur l’Ebola,” a-t-il ajouté, en disant que le choléra, la polio et l’accès aux maternités étaient également des problèmes critiques dans l’est de la RDC.
Il a déclaré que la réponse à Ebola et à d’autres problèmes de santé devait être renforcée pour éviter de “tomber dans une situation humanitaire encore pire qu’auparavant”.
Les accouchements dans les maternités, par exemple, sont passés d’environ 130 par mois avant l’épidémie à environ 30 par mois actuellement, a-t-il dit.
“Il y a une crise de confiance entre les communautés et les centres de santé,” a-t-il déclaré.
“L’Ebola est là, et nous devons concentrer nos efforts dessus, mais il y a aussi des maladies traditionnelles qui tuent des enfants.”

