Selon Mgr Nshole, le président Sassou Nguesso considère l’instabilité en RDC comme une question de préoccupation régionale en raison des liens étroits entre les deux pays voisins.
Il a expliqué que le président congolais a recherché l’évaluation du cardinal Ambongo car il reconnaît le rôle important de l’Église catholique dans la promotion de la paix et la sauvegarde de la dignité humaine.
« Le président Denis Sassou Nguesso a voulu écouter le cardinal Ambongo, que je l’ai accompagné, parce qu’il croit qu’en tant que pasteur, il a également une responsabilité historique dans la gestion des affaires publiques et de la vie humaine. Il considère qu’aujourd’hui, dans le contexte africain, la fragilité de notre pays serait quelque chose de extrêmement grave. Il a voulu entendre l’analyse de la situation par le pasteur », a déclaré Mgr Nshole.
Les discussions lors de la réunion ont porté sur la situation sécuritaire et politique en RDC, y compris la guerre dans la région est du pays, où des groupes armés continuent d’opérer au milieu de ce que les autorités congolaises décrivent comme une agression rwandaise par le mouvement rebelle AFC/M23.
Les deux parties ont également discuté du débat national concernant une éventuelle modification constitutionnelle, un sujet qui a suscité d’intenses controverses politiques dans la nation centrafricaine.
En réfléchissant sur le conflit dans l’est de la RDC, Mgr Nshole a évoqué ses conséquences humaines dévastatrices.
« Vous pouvez voir ce qui se passe dans la partie est de la RDC. Le pays est en guerre. Certains de nos compatriotes ne peuvent plus rester en communion physique avec nous pour diverses raisons. Les gens continuent à mourir sur le champ de bataille, et ce n’est pas négligeable », a-t-il déclaré.
La réunion de Brazzaville intervient quelques semaines après que la CENCO a réaffirmé son opposition aux propositions de modification de la Constitution de la RDC.
En juin, les membres de la CENCO ont averti que modifier la Constitution de 2006 du pays pourrait plonger la nation dans une instabilité plus profonde, y compris le risque de guerre civile renouvelée.
Dans un message publié à l’issue de leur Assemblée plénière extraordinaire du 18 au 20 juin, tenue dans la capitale du pays, Kinshasa, les évêques catholiques ont déclaré qu’ils ne voyaient « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité » de changer la Constitution, affirmant que les priorités immédiates du pays devraient être la paix, l’unité nationale et le bien-être de la population.

