En République Démocratique du Congo, le football ne se pratique pas uniquement avec les pieds. Dans les rues et sur les terrasses de Kinshasa, c’est le football de table, aussi appelé baby-foot, qui règne et rassemble les passionnés. Pour certains, c’est un loisir, tandis que pour d’autres, c’est une véritable discipline avec ses compétitions et ses joueurs professionnels.
De notre correspondante à Kinshasa,
« Il faut maîtriser le ballon, il faut maîtriser le joueur ! »
Moment de détente pour ce groupe d’amis. Ils ont pris l’habitude de se retrouver dans ce bar du quartier Kintambo pour quelques parties de baby-foot après le travail.
« Baby-foot, en français, c’est la première fois que j’entends ça. Ici, on l’appelle simplement kicker, c’est tout. »
Les deux tables du bar sont prises d’assaut chaque soir. Autour du jeu, les plaisanteries fusent et les joueurs s’affrontent avec sérieux. Dieumerci se souvient encore de sa première partie de football de table : « Tu vas dans le quartier, il y a souvent le kicker. Mon grand frère avait une table de baby-foot, il la mettait dehors, et les gens venaient jouer. Je voyais les grands jouer, s’intéresser au baby-foot. Je me disais que je devais apprendre. »
Du bar aux compétitions africaines
À Kinshasa, la popularité du baby-foot dépasse de loin le cadre du loisir. Certains joueurs ont même réussi à devenir professionnels. Le pays en compte une dizaine, dont Aaron Kalondji, membre de la Fédération congolaise de kicker depuis cinq ans : « Je suis devenu professionnel parce que j’étais amoureux du jeu. Un jour, comme on venait souvent jouer, le professeur de l’espace m’a appelé : “Il y a des gens qui cherchent des joueurs pour des équipes, des bafistes. Ils viennent de la Fédération. » On a passé un test et on a été retenus. C’est à partir de là qu’on a commencé à jouer et à s’entraîner. Nous aussi, nous sommes des champions. Je suis comme Dieumerci Mbokani, Cédric Bakambu. »
Aaron est considéré comme le meilleur joueur congolais dans cette discipline. Cependant, faute de moyens, il a interrompu sa participation aux compétitions africaines. Dans les bars, ce sont les paris qui permettent à certains joueurs de vivre de leur passion. À chaque match, des sommes d’argent sont mises en jeu : « Je suis comme un caméléon, comme quelqu’un qui ne connaît pas le jeu, mais je fais le trick, paf ! 2 000, 5 000… C’est comme ça que je vis. Gagner, ça paye mes loyers, ma maison, tout ça… »
Aaron s’entraîne énormément. Il joue au football de table au moins deux heures par jour pour conserver son niveau de champion congolais.
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