Ebola en RDC : la Banque mondiale accroît son soutien financier avec une allocation de 73 millions USD.


La Banque mondiale renforce son soutien à la République Démocratique du Congo (RDC) dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola qui touche les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu et de l’Ituri dans l’Est du pays. Lors de la rencontre entre le président Félix Tshisekedi et son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa, en visite de solidarité à Kinshasa le jeudi 2 juillet 2026, à la suite de la déclaration officielle de l’épidémie, Albert G. Zeufack, directeur pays de la Banque mondiale pour l’Angola, le Burundi, la RDC et Sao Tomé-et-Principe, a annoncé une augmentation de l’aide financière de l’institution.

S’exprimant depuis les installations de l’INRB, parmi les partenaires financiers de la RDC engagés dans la lutte contre cette crise sanitaire, Albert G. Zeufack a réaffirmé l’engagement de la Banque mondiale aux côtés du gouvernement congolais.

« Je tiens à réaffirmer le soutien de la Banque mondiale à la République Démocratique du Congo en ces temps difficiles. Nous avons mis à disposition pour cet effort un montant de 63 millions de dollars américains, comme l’a annoncé le Directeur général d’Africa CDC. Je propose d’ajouter 10 millions de dollars supplémentaires. Les ressources allouées pour cette crise s’élèveront ainsi à 73 millions de dollars américains, car la Banque mondiale soutient la riposte au niveau national, régional, mais aussi global », a déclaré Albert G. Zeufack.

Le responsable de la Banque mondiale a précisé qu’au niveau national, le financement est assuré à travers le Projet de préparation, de riposte et de résilience aux urgences sanitaires en RDC, en collaboration avec le ministère de la Santé.

« Au niveau national, à travers ce projet, nous avons disponibilisé 46 millions de dollars qui sont actuellement en cours de déploiement pour financer le plan du gouvernement. Je tiens à souligner qu’il ne s’agit pas d’une promesse de financement. Ces ressources sont déjà disponibles et en cours de décaissement », a-t-il ajouté.

Albert G. Zeufack a également insisté sur l’importance régionale de la réponse à l’épidémie, rappelant que les pays voisins doivent renforcer leur capacité de préparation afin de prévenir toute propagation transfrontalière.

« Au niveau régional, nous collaborons également avec Africa CDC ainsi qu’avec les pays voisins, notamment le Burundi, qui doit aussi se préparer à une éventuelle propagation de cette épidémie. Dans le cadre de notre portefeuille au Burundi, nous avons mis à disposition 10 millions de dollars pour soutenir les activités de préparation », a-t-il expliqué.

Dans le même registre, le directeur pays de la Banque mondiale a indiqué que les 10 millions de dollars additionnels proviennent du cadre de financement mondial, un mécanisme destiné à soutenir les interventions sanitaires d’urgence dans la région.

« Ces 10 millions de dollars supplémentaires proviennent du cadre de financement mondial, un mécanisme qui nous permettra de continuer à soutenir la République Démocratique du Congo ainsi que les pays voisins », a ajouté Albert G. Zeufack.

Le 17 mai, soit deux jours après la déclaration officielle de l’épidémie en RDC, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé la flambée causée par la souche Bundibugyo, qui s’est ensuite propagée à l’Ouganda, comme une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).

Selon l’OMS, l’épidémie a connu une expansion géographique et son ampleur réelle pourrait être sous-estimée. La situation est notamment aggravée par la forte mobilité des populations, la faiblesse des systèmes de santé, l’insuffisance des infrastructures sanitaires, les difficultés d’accès à certaines zones touchées par des conflits armés, ainsi que l’absence de vaccin et de traitement spécifique contre cette souche du virus.

Malgré ce contexte préoccupant, les autorités de la RDC se veulent rassurantes et rejettent tout discours alarmiste. Elles mettent en avant les efforts déployés en collaboration avec des partenaires nationaux et internationaux pour contenir l’épidémie. Elles rappellent aussi l’expérience acquise par le pays dans la gestion des crises sanitaires, ayant déjà affronté seize précédentes épidémies d’Ebola, toutes maîtrisées grâce à d’importantes opérations de riposte.

Clément MUAMBA



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