Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa
Le président burundais s’engage-t-il en tant qu’allié de Kinshasa ou président de l’Union africaine ? Même les opposants invités ne semblent pas avoir de réponses.
Jean-Marc Kabund a été le premier à quitter Kinshasa, vendredi soir, deux jours après avoir reçu l’invitation. Les autres leaders de la Coalition Article 64 sont attendus ce samedi à Gitega, la capitale politique du Burundi. Parmi eux, Delly Sesanga, qui a pu récupérer son passeport, saisi il y a quelques jours par la Direction générale de migration.
Au-delà de la C64, l’invitation a également été adressée au prix Nobel de la paix Denis Mukwege, ainsi qu’à la Conférence épiscopale nationale du Congo et à l’Église du Christ au Congo. Le camp de Joseph Kabila, qui remet en cause le rôle du Burundi dans la crise sécuritaire dans l’Est, a aussi été annoncé mais affirmait vendredi soir n’avoir pas été contacté.
Autant d’acteurs qui s’opposent à une révision de la Constitution et plaident depuis plusieurs mois pour un dialogue national inclusif.
Selon nos informations, cette initiative de Gitega a été évoquée lors de la visite d’Évariste Ndayishimiye à Kinshasa, le 23 juin dernier.
Des sources gouvernementales expliquent que le Burundi cherche d’abord à mesurer l’ampleur de la crise politique avant de s’y engager davantage. D’autres y voient une nouvelle tentative du pouvoir congolais, après les difficultés rencontrées pour rallier l’Angola à son projet d’États généraux, avec en toile de fond un changement constitutionnel.

