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RDC—En mai 2026, alors que les autorités sanitaires de la République Démocratique du Congo, de l’Ouganda et du Sud-Soudan tiraient la sonnette d’alarme concernant une nouvelle épidémie d’Ebola « Bundibugyo », une entreprise dans l’intérieur reculé de la RDC n’a pas attendu qu’on lui dise quoi faire, écrit Temba Otichil’lo.
Plantations et Huileries du Congo SA — PHC SA — a immédiatement mobilisé ses équipes médicales sur ses sites opérationnels dans les provinces de Mongala, Tshopo et Équateur, lancé des campagnes de sensibilisation communautaire dans les camps, les villages et les lieux de travail, et commencé à préparer des unités d’isolement dédiées au sein de son réseau hospitalier.
Aucun cas suspect d’Ebola n’avait été identifié au sein des installations de PHC. L’entreprise a tout de même agi.
Cette instinct — d’anticiper le risque, d’agir avant la crise, de prendre la responsabilité des communautés que l’État ne peut pas toujours atteindre — est ce à quoi ressemble l’adhésion à la gouvernance en pratique. Ce n’est pas une simple conformité. C’est une culture.
PHC SA est l’une des plus grandes entreprises agro-industrielles d’Afrique subsaharienne, employant plus de 11 000 travailleurs directement et soutenant les moyens de subsistance d’environ 55 000 personnes à charge dans trois des provinces les plus reculées de la RDC. Mais son empreinte va bien au-delà de l’huile de palme.
L’entreprise gère quatre hôpitaux — Pembe, Lokutu, Lokumete et Boteka — supervise 16 dispensaires et quatre centres de santé, et a construit 15 centres de santé qui ont été formellement remis à l’État congolais.
Dans des régions où la structure médicale gouvernementale la plus proche peut se trouver à des heures de route, l’infrastructure de santé de PHC n’est pas simplement un avantage commercial. C’est le système de santé.
Cela a un impact qui va au-delà de l’humanitaire. Cela compte parce que PHC SA est actuellement sous une attaque soutenue — non pas dans un tribunal de la loi, où chaque contestation de la recapitalisation de l’entreprise en 2023 a été rejetée — mais dans l’opinion publique, à travers une campagne coordonnée de désinformation destinée à déstabiliser une entreprise qui a tout bien fait.
La recapitalisation a été réalisée en pleine conformité avec le cadre légal OHADA — spécifiquement les Articles 562 à 564 de l’Acte uniforme sur les sociétés commerciales.
Elle a été autorisée par une Assemblée Générale Extraordinaire, validée par les tribunaux, et exécutée de manière transparente.
L’État congolais, en tant qu’actionnaire minoritaire, a été dûment informé et a choisi de ne pas exercer ses droits de préemption. Les documents juridiques sont sans ambiguïté.
Un nom qui a émergé de façon proéminente dans la campagne contre PHC SA est celui de Kalaa Mpinga — un homme d’affaires ayant des intérêts commerciaux reportés dans le secteur agricole de la RDC.
Son nom a été associé à la campagne de pression contre PHC SA, et il a été largement spéculé, dans les cercles d’affaires congolais et régionaux, comme un potentiel candidat à un poste gouvernemental élevé — possiblement ministre de l’Agriculture — dans le même secteur où se concentrent ses intérêts commerciaux et ses différends avec PHC SA.
Il est important d’être précis. Aucun tribunal n’a déclaré Kalaa Mpinga coupable d’aucune infraction en relation avec PHC SA. Ce qui est soulevé est une question de gouvernance, et non un verdict légal.
La question est la suivante : un pays peut-il prétendre honnêtement respecter l’État de droit s’il nomme, à un poste d’autorité réglementaire sur une industrie, une personne ayant un différend commercial actif et documenté avec l’un des plus grands opérateurs de cette industrie ? Ce n’est pas une question de culpabilité.
C’est une question d’intégrité institutionnelle — et c’est une question que tout gouvernement, investisseur ou institution de gouvernance sérieux est en droit de poser.
Les enjeux ne sont pas abstraits. Au moment où cette campagne de déstabilisation est menée, les équipes médicales de PHC SA traitent des patients MPOX à l’hôpital de Pembe dans la province de Mongala.
Ils équipent les salles de maternité avec des incubateurs pour les nouveau-nés prématurés. Ils mènent des campagnes de planification familiale dans des communautés où les grossesses rapprochées restent une cause majeure de mortalité maternelle.
Ils sont, au sens le plus littéral, en train de sauver des vies là où personne d’autre ne le fait.
Menacer la stabilité opérationnelle de PHC SA n’est pas un différend commercial. C’est un risque pour la santé publique. C’est une menace pour les 55 000 personnes à charge dont les moyens de subsistance reposent sur le bon fonctionnement de l’entreprise.
C’est une menace pour les patients dans quatre hôpitaux qui n’ont nulle part ailleurs où aller.
L’Afrique est à un point d’inflexion critique. Les institutions de financement du développement, les fonds souverains et le capital-investissement évaluent les marchés africains avec plus de sérieux qu’à aucun autre moment au cours des deux dernières décennies.
Ce qu’ils évaluent, avant tout, c’est la gouvernance. Ils se demandent si les contrats seront honorés, si les tribunaux seront indépendants et si les fonctions politiques seront utilisées pour protéger l’investissement ou pour en tirer profit.
La réponse doit être sans équivoque. Les gouvernements à travers le continent — et la RDC en particulier — doivent démontrer que les entreprises qui respectent la loi, investissent dans les communautés et protègent les citoyens seront elles-mêmes protégées.
Les normes de conflit d’intérêts doivent être appliquées dans la pratique, et non par aspiration. Les individus qui utilisent l’accès politique contre des entreprises légitimes doivent faire face à des responsabilités, et non à des nominations.
PHC SA a choisi de bâtir sur des bases solides. Elle a choisi la gouvernance. Elle a choisi la transparence. Elle a choisi de se tenir aux côtés des citoyens congolais — sur le terrain, dans les hôpitaux, et face à une épidémie d’Ebola — quand elle n’y était pas obligée.
La question maintenant est de savoir si les institutions qui l’entourent tiendront cette fondation ferme.
L’Afrique regarde.
Temba Otichil’lo est un commentateur en gouvernance et investissement couvrant les affaires et les enjeux institutionnels en Afrique.


