Le nombre de cas confirmés d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a atteint 363, dont 62 décès, selon des données publiées mercredi soir par le gouvernement congolais, tandis que l’Ouganda a annoncé jeudi la guérison de quatre patients.
KINSHASA, 4 juin (Xinhua) — Le nombre de cas confirmés d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a atteint 363, dont 62 décès, selon des données publiées mercredi soir par le gouvernement congolais, tandis que l’Ouganda a annoncé jeudi la guérison de quatre patients.
Ces récents développements ont été abordés lors d’un point de presse en ligne organisé jeudi par le Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, en présence de hauts responsables de l’OMS ainsi que de représentants des gouvernements de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud.
L’épidémie, causée par la souche Bundibugyo du virus, a été déclarée le 15 mai en RDC et en Ouganda. L’OMS l’a ensuite qualifiée d’urgence de santé publique de portée internationale.
Lors du point de presse, Mohamed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, a indiqué que le virus avait progressé initialement plus rapidement que la riposte, mais que les autorités sanitaires et leurs partenaires commençaient à rattraper leur retard. « Le virus avait pris de l’avance sur nous. Mais nous sommes en train de le rattraper. Nous constatons déjà des progrès », a déclaré M. Janabi.
Il a précisé que six patients avaient été traités avec succès et étaient sortis des centres de soins en RDC, tandis que des guérisons avaient également été enregistrées en Ouganda.
Diana Atwine, secrétaire permanente au ministère ougandais de la Santé, a signalé que le pays avait jusqu’à présent confirmé 15 cas d’Ebola, dont onze cas importés et quatre parmi des agents de santé ayant pris en charge le premier patient. « Parmi eux, quatre patients ont également été libérés », a-t-elle précisé.
Elle a ajouté que tous les patients qui ont ensuite été testés positifs avaient déjà été placés en quarantaine en tant que contacts identifiés, permettant aux autorités sanitaires de les suivre avant et après leur diagnostic.
L’Ouganda a suivi 620 contacts, dont 270 ont terminé la période requise de 21 jours d’observation et ne font plus l’objet d’un suivi, tandis que les autres restent sous surveillance, selon Mme Atwine.
Le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, a indiqué que l’élargissement des capacités de diagnostic aidait les autorités à fournir des chiffres plus précis et à intervenir plus rapidement dans les zones touchées.
Des responsables de l’OMS ont confirmé que la RDC décentralisait la riposte au niveau des zones de santé, en renforçant les mécanismes de coordination locaux, les équipes d’intervention rapide et les systèmes d’alerte dans les zones concernées.
M. Janabi a observé que l’épidémie avait encore une fois montré que la coopération régionale était essentielle, rappelant que le premier cas détecté en Ouganda provenait de la RDC, après que le patient ait traversé la frontière pour se faire soigner dans une structure plus proche.
Il a également averti que la désinformation compliquait la riposte, jugeant que les autorités sanitaires luttaient réellement contre « deux épidémies : Ebola et les fausses informations qui l’entourent ». M. Janabi a critiqué les restrictions générales de voyage et les fermetures de frontières imposées en réponse à l’épidémie. « Ebola n’est pas une maladie transmise par voie aérienne. Les interdictions générales de voyage n’arrêtent pas Ebola », a-t-il argué, avertissant que de telles mesures pouvaient perturber les chaînes d’approvisionnement, affaiblir la surveillance et nuire à la transparence.
Il a appelé les pays à renforcer le contrôle sanitaire aux points de passage officiels plutôt qu’à pousser les voyageurs vers des itinéraires informels, où les contrôles de santé seraient plus difficiles à réaliser.■
