Le ministère des Finances de la RDC met en place une plateforme de surveillance des jeux d’argent pour combler un énorme écart entre les revenus estimés des jeux et les impôts qu’il perçoit.
La République Démocratique du Congo (RDC) prend des mesures décisives pour centraliser la réglementation et la supervision de son secteur des jeux d’argent, dans le cadre d’un effort plus large visant à renforcer le contrôle sur la croissance rapide de l’industrie.
Le 30 mai, des responsables du ministère des Finances ont présenté des plans pour mettre en œuvre une nouvelle plateforme de surveillance des jeux, visant à améliorer la supervision des opérations de jeu à travers le pays.
Didier Bobwa, responsable des systèmes d’information et de la surveillance des activités de jeu au sein du ministère, a annoncé l’initiative lors d’une conférence de presse à Kinshasa, selon Radio Okapi.
Bien que des estimations suggèrent que les opérateurs de jeux en ligne aient généré près de 1,7 milliard de dollars de revenus annuels depuis l’adoption de la législation, les caisses de l’État auraient reçu seulement environ 1 million de dollars d’impôts.
Le ministère des Finances agit pour combler les lacunes de supervision
Bobwa a déclaré que le gouvernement était en train d’intégrer une plateforme de surveillance des jeux qui permettra de contrôler les opérations et les activités des opérateurs de jeux. Ce système centralisé vise à doter l’Unité de Surveillance des Jeux du gouvernement de capacités techniques avancées pour suivre le marché des jeux de manière plus étroite et complète à l’échelle nationale.
Les réformes reflètent des préoccupations croissantes concernant les risques sociaux et financiers liés au secteur des jeux d’argent. Bobwa a souligné que des problèmes tels que l’endettement personnel croissant, la dépendance au jeu, le blanchiment d’argent et l’implication de mineurs avaient incité les autorités à rechercher une supervision plus stricte.
Opacité actuelle du marché souligne l’urgence. Des acteurs de l’industrie suggèrent que le secteur fonctionnait majoritairement sur une base déclarative, les opérateurs déclarant eux-mêmes leurs revenus et l’État ayant seulement des moyens de vérification limités.
Dieudonné Ntumba, coordinateur de l’Unité de Surveillance des Jeux, a appelé à une coopération plus étroite avec les opérateurs de jeux pour promouvoir une concurrence loyale tout en luttant contre la criminalité financière, selon Actualite.cd.
La pression du GAFI pousse à un cadre réglementaire unifié
Le gouvernement de la RDC prépare simultanément un nouveau cadre juridique pour l’industrie des jeux d’argent, qui vise à moderniser les réglementations existantes et à renforcer les mécanismes de contrôle fiscal.
Cette réforme réglementaire est en partie motivée par la nécessité d’aligner le marché des jeux de la RDC sur des obligations plus larges en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.
Le pays fait actuellement face à une pression internationale liée à son statut sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), nécessitant des systèmes plus robustes pour prévenir les flux financiers illicites.
Des observateurs ont précédemment averti que sans un régulateur unifié et un système de surveillance central crédible, la RDC risque de voir des revenus fiscaux importants continuer à lui échapper. Les acteurs de l’industrie, y compris PixLab RDC, ont salué les efforts du gouvernement.
