L’Institut National de la Statistique (INS), en collaboration avec le programme national de nutrition (PRONANUT) et le Programme Alimentaire Mondial (PAM), a publié un nouveau rapport national qui a enquêté sur l’indice de richesse et les disparités structurelles dans onze provinces et le territoire de Pweto (Haut-Katanga), en RDC.
Intitulé « Approche conjointe pour l’évaluation de la sécurité alimentaire et de la nutrition », JENFSA 2025, l’analyse de ce rapport met en lumière des disparités provinciales spectaculaires de l’indice de richesse, les provinces de l’Est et du centre du pays affichant les niveaux de précarité les plus alarmants.
Les Sud-Kivu et le Nord-Kivu, deux provinces touchées par l’insécurité depuis plusieurs années, présentent des taux de pauvreté structurelle remarquables, avec respectivement 87,7% et 73,6% de leurs ménages classés dans le quintile le plus pauvre (Q1).
En parallèle, la province de Maï-Ndombe se distingue par une plus forte proportion de ménages « aisés », avec un score de 43,1% appartenant au quintile le plus riche (Q5), ce qui reflète, d’après le rapport, une meilleure dotation en actifs et un accès plus stable aux services.
De plus, l’enquête a défini trois profils socio-économiques déterminants de la richesse. Les résultats montrent en effet que l’éducation, étant le premier rempart, seuls 7,5% des ménages du quintile Q5 n’ont aucune instruction, contre 37,5% dans le quintile Q1 (le plus pauvre).
Cette stratification confirme que la pauvreté en RDC est multidimensionnelle. Elle n’est pas seulement un manque de revenus, mais un cumul de déficits : habitat précaire, absence d’assainissement et dépendance aux énergies traditionnelles. Cette précarité matérielle constitue le terreau de l’insécurité alimentaire, car elle réduit la capacité des ménages à investir dans leur propre résilience ou dans la nutrition de leurs membres, souligne l’Institut National de la Statistique.
Samyr LUKOMBO

