L’ancien Président de la République Démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a rejeté les sanctions américaines qui lui ont été imposées, les qualifiant d’injustes, non fondées et motivées par des considérations politiques.
Les sanctions, annoncées par Washington jeudi, accusent Kabila de soutenir le groupe rebelle M23 par un soutien financier, d’encourager des défections au sein des forces armées congolaises et de coordonner, depuis l’étranger, des attaques contre les forces gouvernementales.
Dans sa réponse, Kabila a déclaré avoir reçu la décision « avec étonnement », insistant sur le fait que les allégations n’étaient pas étayées par des preuves. Il a soutenu qu’elles reprenaient des affirmations faites par le gouvernement congolais, qui, selon lui, n’avait pas réussi à les prouver devant les tribunaux nationaux.
« La décision américaine est d’autant plus surprenante qu’elle repose sur le récit des autorités de Kinshasa, qui n’ont pas été capables de justifier les accusations portées contre lui, même avec la moindre preuve, devant le Tribunal Militaire congolais, connu pour être un serviteur obéissant du régime, » a déclaré le bureau de Kabila dans un communiqué.
Selon Kabila, les sanctions risquent d’être interprétées comme un soutien politique à la répression, ce qui, a-t-il averti, pourrait équivaloir à soutenir une dictature.
« Cette décision risque donc d’être perçue, en RDC, en Afrique et dans le monde, comme un soutien à la dictature et à la tyrannie, un chèque en blanc pour écraser toute voix s’élevant contre la corruption, la prédation et la confiscation de l’État, » a-t-il déclaré.
En réfléchissant à sa présidence, qui a duré de 2001 à 2019, Kabila a également défendu son bilan, arguant que son administration avait contribué à réunifier le pays après des années de guerre et à restaurer la stabilité institutionnelle. Il a également souligné ce qu’il a décrit comme une réalisation majeure : le premier transfert de pouvoir pacifique de la RDC.
« C’est sous la présidence de Kabila que la RDC est sortie d’une guerre régionale dévastatrice, a restauré son unité institutionnelle et a connu, pour la première fois de son histoire, un transfert de pouvoir pacifique et civilisé, » a déclaré le communiqué.
Kabila a ajouté qu’il donnerait instruction à son équipe juridique de contester les sanctions et de demander la divulgation des preuves derrière les allégations, affirmant qu’il avait l’intention de défendre son « honneur, son bilan et sa contribution historique à la stabilité de la RDC. »
Il a également soutenu que la crise actuelle du pays ne peut être attribuée uniquement à l’insécurité dans l’est, affirmant qu’elle reflète également des défis plus profonds en matière de gouvernance avec des conséquences économiques et politiques nationales.
Kabila a également appelé à une approche internationale plus large pour le conflit et a exhorté les États-Unis à continuer de s’engager. Il a ajouté que la paix ne serait pas atteinte en « criminalisant » ceux qui appellent à la réforme, à la responsabilité et à la réconciliation.
