Kabila rejette les accusations « sans fondement ».


Pascal Mulegwa

01 Mai 2026Mise à jour: 01 Mai 2026

AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa

L’ancien président congolais Joseph Kabila a qualifié, vendredi, d’« injustifiées et politiquement motivées » les sanctions économiques imposées par les États-Unis, accusant ceux-ci de soutenir des groupes armés dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Dans un communiqué de son cabinet, l’ancien chef de l’État (2001-2019) affirme que ces accusations « ne reposent sur aucune preuve irréfutable » et s’inscrivent dans un « récit politique ». Il évoque des recours légaux pour contester ces mesures et « défendre son honneur ».

Jeudi, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor américain a annoncé des sanctions contre Kabila, l’accusant de « soutenir » la rébellion AFC/M23, qui contrôle plusieurs villes dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, frontalières avec le Rwanda, également accusé d’apporter son soutien aux rebelles.

Washington estime que ces groupes alimentent l’instabilité dans l’est de la RDC, théâtre de violences persistantes et de déplacements massifs de populations.

Les sanctions impliquent le gel de tous les avoirs éventuels de Kabila aux États-Unis et interdisent toute transaction avec des entités ou citoyens américains.

Dans son communiqué, l’ancien président affirme avoir œuvré durant ses années de pouvoir à la « réunification du pays » et à la « stabilisation de la région des Grands Lacs ».

Il met en garde contre une décision qui pourrait, selon lui, être perçue comme un « soutien à la répression » en RDC.

Il appelle par ailleurs les États-Unis à contribuer à une solution « globale et inclusive » à la crise congolaise, qu’il estime liée autant à des enjeux de gouvernance qu’à la sécurité.

Ces sanctions interviennent dans un contexte diplomatique sensible, quelques mois après la signature à Washington d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda, sous l’égide du président américain Donald Trump.

Les autorités américaines ont prévenu que « ceux qui continuent de semer l’instabilité devront rendre des comptes ».

Le gouvernement congolais a considéré ces sanctions comme « un pas important » contre l’impunité et pour la souveraineté nationale.

« Le gouvernement rappelle que la justice congolaise s’est déjà prononcée sur l’implication de l’intéressé et l’a condamné pour des faits d’une extrême gravité, notamment trahison, participation à un mouvement insurrectionnel, crimes de guerre, atteinte à la sûreté de l’État, ainsi que pour des actes liés à l’appui apporté aux forces hostiles engagées contre la République », a écrit le porte-parole du gouvernement dans un communiqué.

Kabila a séjourné à plusieurs reprises dans la ville de Goma, contrôlée par les rebelles, affirmant y mener des consultations pour la recherche de la paix.



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