Depuis plusieurs décennies, le dollar américain s’est imposé comme la monnaie de référence en République démocratique du Congo. Loyers, frais scolaires, soins de santé ou achats importants : dans les grandes villes comme dans les zones frontalières, le dollar liquide reste omniprésent.
La décision de la BCC vise à inverser cette tendance et à renforcer la place du franc congolais, seule monnaie ayant cours légal dans le pays. Mais sur le terrain, l’annonce ne laisse pas les Congolais indifférents.
À Kinshasa, entre espoir et scepticisme
Dans la capitale, nous sommes allés à la rencontre des Kinois pour recueillir leurs réactions. Si certains saluent une mesure qu’ils jugent nécessaire pour restaurer la souveraineté monétaire du pays, d’autres expriment de vives inquiétudes.
À Goma, une réalité encore plus complexe
Après Kinshasa, cap sur Goma, dans l’est de la RDC. Ici, le contexte économique rend la mesure particulièrement sensible. Depuis plus d’une année, plusieurs banques y sont fermées, depuis la prise de la ville par les rebelles du M23. Cette absence de banques rend la question de la fin de l’utilisation du dollar encore plus sensible.
Une décision qui divise
Entre la volonté de renforcer le franc congolais et les réalités d’une économie profondément dollarisée, la mesure de la BCC divise. Les partisans estiment qu’elle pourrait encourager la bancarisation, assainir le système financier et redonner confiance à la monnaie nationale. Les critiques, eux, redoutent une application difficile, surtout dans les zones en crise ou faiblement bancarisées.
Pour mieux comprendre les enjeux de cette décision, nous avons interrogé Jonas Tshiombela, juriste et économiste. D’ici avril 2027, un compte à rebours est lancé. Reste à savoir si la RDC saura transformer cette réforme ambitieuse en véritable levier de souveraineté monétaire.
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