AFRIQUE/RDC – Menaces contre les défenseurs des droits de l’homme au Sud-Kivu
Mardi, 14 avril 2026
Kinshasa (Agenzia Fides) – Des hommes armés non identifiés menacent la population civile, et en particulier ceux qui défendent les droits de l’homme, dans les plaines du Ruzizi au Sud-Kivu, dans l’est de la République Démocratique du Congo. Cela a été rapporté dans une déclaration envoyée à Fides par l’ACMEJ (Association Contre le Mal et pour la Surveillance des Jeunes et des Droits de l’Homme). « Nous devons souligner, » indique le communiqué, « les dangers auxquels font face les défenseurs des droits de l’homme dans l’exercice de leur travail quotidien de défense et de promotion des droits de l’homme : ils sont sérieusement menacés par des hommes armés non identifiés qui s’introduisent continuellement chez eux à leur recherche. Et quand ils ne les trouvent pas, ils tuent leurs frères à la place. »
“La situation suscite une profonde inquiétude parmi ces personnes, qui ne savent plus quel chemin prendre pour assurer leur sécurité.” Le rapport cite le cas de “notre collègue, M. S.B., un défenseur des droits de l’homme et facilitateur de l’ACMEJ, qui a été menacé chez lui par des hommes armés, masqués et non identifiés parce qu’il avait dirigé une séance de sensibilisation communautaire sur le fait que les lois nationales et internationales interdisent le recrutement de mineurs de moins de 18 ans dans des groupes armés.” Il a été contraint de fuir son domicile et de vivre caché.
Encore plus grave est ce qui s’est passé dans la nuit du 22 au 23 mars, lorsque des hommes armés non identifiés ont attaqué le village de Rubanga, dans une zone contrôlée par des soldats de M23 et leurs alliés militaires rwandais. « Le commando a attaqué deux familles vivant sur la même propriété, » indique le rapport. « L’une des familles était celle de M. S.B., l’autre celle de son frère cadet, M. B.P. Les assaillants ont forcé l’entrée de la maison de M. B.P. et, après l’avoir trouvé, l’ont abattu sur le coup. » Le frère et sa famille sont désormais contraints de vivre cachés.
L’ACMEJ travaille à rassembler des informations sur les responsables des intimidations et des meurtres et appelle “les organisations internationales de droits de l’homme à aider ces défenseurs qui sont menacés et vivent dans des conditions extrêmement difficiles.” Le communiqué note également que, malgré le cessez-le-feu dans la région, des affrontements militaires continuent entre les guérilleros de M23, soutenus par des forces militaires rwandaises, et les membres de la milice pro-gouvernementale Wazalendo. Ces affrontements ont suscité des craintes parmi les habitants d’Uvira quant à la viabilité des accords conclus l’année dernière entre la RDC et le Rwanda, médiés par les États-Unis. (L.M.) (Agenzia Fides, 14/4/2026)
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