Le mouvement Sauvons la RDC de l’ancien président de la République Joseph Kabila a réuni ses membres du 6 au 8 avril 2026 pour son deuxième conclave, lors duquel la situation politique, sécuritaire, économique et sociale du pays ainsi que les différentes initiatives pour résoudre la crise ont été minutieusement examinées.
Sous la direction de son leader contraint à l’exil, Sauvons la RDC se dresse contre “la dérive dictatoriale clairement assumée par le pouvoir en place”, qu’il accuse de répression politique systématique et brutale et de musellement de toute voix dissidente, ainsi que du « refus » d’organiser un dialogue crédible pouvant mener à « la fin de la crise ».
Sauvons la RDC s’élève contre ce qu’il qualifie d’atteintes « graves et répétées aux libertés politiques et aux droits fondamentaux, le recours à des assassinats et tentatives d’assassinat de personnalités qui refusent de se soumettre, ainsi que l’abandon total aux ADF des populations de l’Ituri et de la partie nord de la Province du Nord Kivu, livrées à des massacres d’une cruauté indescriptible ».
« Ces actes odieux contreviennent aux dispositions pertinentes de la Constitution et constituent de graves violations des règles et principes fondamentaux du droit international humanitaire ainsi que du droit de la guerre », peut-on lire dans le communiqué final.
Ce mouvement d’opposition, mené depuis l’extérieur du pays, a souligné une certaine « mauvaise foi » du gouvernement de Kinshasa dans sa façon d’aborder les processus de recherche de paix, lesquels seraient à l’origine d’un résultat « décevant », dû à la négligence des causes profondes de la crise et au non-respect du pacte républicain de Sun-City, de la Constitution et d’autres lois de la République.
« Ce résultat décevant est aussi dû au fait que ces initiatives ont jusqu’à présent, sciemment éludé ou gravement minimisé les causes profondes de la crise, à savoir le non-respect du pacte républicain de Sun-City, de la Constitution et des lois de la République, l’illégitimité des institutions, les choix désastreux du régime en place, une gouvernance prédatrice et la consolidation d’un système dictatorial, l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques ainsi que l’exploitation du tribalisme et de la stigmatisation comme stratégies de division pour se maintenir au pouvoir », indique le communiqué.
Remettant en cause la série d’accords récemment signés entre Kinshasa et Washington, dont celui d’accueillir des migrants expulsés des États-Unis, Sauvons la RDC s’engage à s’opposer à l’initiative du régime visant à changer ou réviser la Constitution du 18 février 2006, utilisant l’article 64 pour justifier sa lutte.
Le mouvement Sauvons la RDC, qui a vu le jour en octobre 2025 à Nairobi, au Kenya, autour de Joseph Kabila, est composé de leaders politiques exilés, dont les partis politiques sont sous sanctions pour travailler dans le pays.
Samyr LUKOMBO

