En Belgique, l’AfricaMuseum s’active pour la restitution d’objets à la RDC – Reportage culturel.


À Tervuren, une petite commune située à quelques kilomètres de Bruxelles, en Belgique, les chercheurs du Musée royal de l’Afrique centrale, en collaboration avec leurs homologues congolais, mènent un programme de recherche sur la provenance depuis quatre ans. Baptisé Proche, ce programme vise à déterminer dans quelles conditions certains objets ont été spoliés et transférés de la RDC vers la Belgique durant la période coloniale. Une fois les données compilées, d’ici la fin de l’année, les autorités des deux pays décideront d’éventuelles restitutions.

De notre envoyé spécial de retour de Tervuren,

Derrière une vitrine, deux masques en bois de quelques centimètres de haut trônent au milieu d’une dizaine d’autres œuvres, dans une salle de l’AfricaMuseum. « Ce sont des masques qui sont étudiés par un de nos partenaires congolais, explique Lili Boros,chercheuse de provenance au sein du musée. Ils travaillent sur une société dite secrète et sur comment les objets qui sont aujourd’hui ici au musée ont pu sortir. »

Des œuvres comme celle-ci, il y en a des dizaines de milliers dans les vitrines et les collections du musée. « La collection ethnographique regroupe une grande pirogue, mais aussi des nasses, des nattes, des pièges, liste Elisabeth Cornelissen, la coordinatrice générale du programme Proche, sans oublier des objets d’une immense valeur spirituelle et rituelle. »

Tous ces objets proviennent de la collection ethnographique de l’AfricaMuseum. Depuis quatre ans, les chercheurs et chercheuses du programme Proche, en collaboration avec l’Institut des musées nationaux du Congo et l’Université de Kinshasa, enquêtent sur leur provenance.

« Pour cette collection, il est possible de faire des restitutions, poursuit la coordinatrice générale, à condition qu’il existe une documentation qui contextualise cette acquisition, et qu’elle puisse être considérée dans un contexte de violence ou d’inégalité. »

À écouter dans Grand reportageDe l’Africa Museum aux rues de Bruxelles, comment la Belgique tente de décoloniser son patrimoine

Une concertation entre la Belgique et la RDC

Face au nombre considérable d’objets à étudier, une méthode particulière a dû être mise en place. C’est notamment le travail de Madelon Dewitte, chercheuse en provenance de l’AfricaMuseum. « Nous faisons face à une très grande collection d’objets, il est impossible de mener les recherches un par un. Donc, nous avons décidé de nous pencher sur les personnes liées à l’acquisition de ces objets, explique-t-elle. Chaque objet est lié à une personne, qu’il ait été donné au musée, légué ou vendu. Connaître davantage sur ces personnes nous éclaire aussi sur le contexte d’acquisition, selon le rôle qu’elles avaient. Par exemple, au Congo, il y avait des missionnaires, des militaires et des administrateurs territoriaux. »

Un véritable travail de détective qui doit aboutir à un rapport. Ce dernier sera ensuite remis aux autorités belges et congolaises, qui décideront ou non de procéder à la restitution. « Notre objectif est de les informer au maximum, avec des recommandations, mais des recommandations qui reposent également sur une concertation, souligne Elisabeth Cornelissen. Nous offrons cet éventail pour informer les décideurs, tant politiques que ceux des commissions mixtes. C’est l’option qui a été prise pour l’instant entre la RDC et la Belgique. »

Le rapport est en cours de rédaction et devrait être publié d’ici la fin de l’année.

À écouter dans Le grand invité AfriqueRestitution d’objets culturels : la France veut « un cadre juridique clair et transparent » pour « simplifier les demandes »



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