La direction du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a alerté ce vendredi sur le fait qu’Ebola risquait de monopoliser l’attention, au détriment des autres enjeux sanitaires majeurs en République démocratique du Congo.
Les instances internationales sont préoccupées. Le directeur du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Gilles Fagninou, a estimé ce vendredi auprès de l’AFP que la résurgence d’Ebola risquait d’aggraver la situation humanitaire de la République démocratique du Congo si le virus monopolisait les efforts des autorités locales.
« Le virus évolue très vite et s’étend très rapidement », a-t-il assuré. « La plus grande crainte aujourd’hui, c’est que nous ayons une mémoire courte et que l’on se focalise exclusivement sur Ebola », a-t-il poursuivi, rappelant que l’épidémie évolue dans une région confrontée à d’autres problématiques sanitaires telles que « les questions de choléra, de polio et même des problèmes simples comme l’accès des femmes aux maternités pour l’accouchement ».
Avec des structures de soins manquant cruellement de moyens, la riposte contre Ebola doit s’intensifier, mais parallèlement, l’effort doit être maintenu « sur toutes les autres préoccupations sanitaires », selon le spécialiste, « afin que nous ne tombions pas dans une situation humanitaire pire que par le passé ».
« Une crise de confiance »
À titre d’exemple, environ 130 accouchements par mois étaient recensés dans les structures de soins en Ituri avant l’épidémie. « Aujourd’hui, on tourne autour de 30 accouchements par mois », a indiqué le représentant de l’Unicef.
« Il y a une crise de confiance entre les communautés et les centres de santé », a-t-il déploré. « Il y a Ebola et il faut concentrer les efforts là-dessus, mais il y a également les maladies traditionnelles qui tuent les enfants », a expliqué Gilles Fagninou.
La République démocratique du Congo (RDC) a déclaré le 15 mai la 17e épidémie d’Ebola de son histoire. Celle-ci est causée par le virus Bundibugyo pour lequel il n’existe ni vaccin, ni traitement. Un essai clinique portant sur deux traitements a récemment été lancé.
L’ampleur réelle de l’épidémie est difficile à mesurer, épidémiologistes et humanitaires craignant que la crise ne dure encore plusieurs mois. Selon le dernier bilan officiel des autorités sanitaires congolaises publié jeudi, la maladie a contaminé 1.792 personnes et fait 625 morts.

