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Situation en un coup d’œil
L’épidémie de la maladie virale de Bundibugyo (BVD) en République Démocratique du Congo continue d’évoluer rapidement, avec une augmentation du nombre de cas, une expansion géographique et une transmission transfrontalière vers l’Ouganda. Au 6 juin, un total de 515 cas confirmés, avec 91 décès parmi ces cas confirmés, ont été rapportés en République Démocratique du Congo ; l’Ouganda a signalé 19 cas confirmés, dont deux décès, ainsi qu’un cas probable décédé.
En Ouganda, l’épidémie reste épidémiologiquement liée à une transmission provenant de la République Démocratique du Congo, avec la preuve d’infections importées et de transmissions secondaires parmi les contacts et le personnel de santé.
Les autorités nationales, en collaboration avec l’OMS et ses partenaires, mettent en œuvre un large éventail de mesures de réponse.
Le 5 juin, les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) et l’OMS, en collaboration avec leurs partenaires, ont lancé un plan de préparation et de réponse conjoint contre Ebola, avec une demande de 518 millions de dollars pour soutenir les pays africains à se préparer, détecter rapidement et répondre à l’épidémie.
Description de la situation
Depuis la dernière Mise à jour sur les épidémies publiée le 29 mai 2026, le nombre de cas confirmés et de décès a rapidement augmenté en République Démocratique du Congo et en Ouganda. Au total, 534 cas confirmés, dont 93 décès (taux de létalité [CFR] 17,4 %), ont été signalés dans les deux pays, tandis qu’au moins 17 personnes se sont rétablies de la maladie.
Figure 1. Distribution des cas confirmés de la maladie virale de Bundibugyo en République Démocratique du Congo et en Ouganda, au 6 juin 2026

République Démocratique du Congo
Depuis le 29 mai, 390 cas confirmés supplémentaires, dont 74 décès confirmés, ont été rapportés en République Démocratique du Congo. Cette augmentation est en partie due à l’amplification des capacités de tests et de diagnostic, permettant de tester l’arrière-plan des échantillons collectés précédemment. Au 6 juin 2026, un total de 515 cas confirmés, dont 91 décès (CFR 17,7 %), ont été signalés en République Démocratique du Congo. Le CFR rapporté est probablement une sous-estimation car de nombreux décès survenus avant la déclaration de l’épidémie restent sous enquête. Jusqu’à présent, 12 patients se sont rétablis. Des cas ont été signalés dans 25 zones de santé (HZ) des provinces d’Ituri (17/36 HZ), du Nord-Kivu (7/35 HZ) et du Sud-Kivu (1/34 HZ)[1]. Seize cas confirmés ont été signalés parmi les travailleurs de la santé à ce jour.
L’épidémie reste concentrée dans la province d’Ituri, qui représente 94 % (487) des cas confirmés. Le CFR dans l’Ituri est de 15 % (74/487), nettement inférieur à celui du Nord-Kivu, qui est de 64 % (16/25). Les plus grands nombres de cas confirmés dans la province d’Ituri sont rapportés dans les HZ de Bunia (142 cas), Rwampara (98 cas), Mongbwalu (92 cas) et Nyankunde (24 cas).
Au 6 juin, 5040 contacts ont été identifiés et sont sous suivi à travers les provinces d’Ituri (4118), du Nord-Kivu (699) et du Sud-Kivu (223). Parmi ceux-ci, 2535 contacts ont été suivis dans les dernières 24 heures, correspondant à des taux de suivi de 43,2 % dans l’Ituri, 82,5 % dans le Nord-Kivu et 80,3 % dans le Sud-Kivu.
Les incidents liés à la sécurité affectant les établissements de santé ont posé des défis opérationnels supplémentaires dans les provinces touchées. Ces conditions limitent l’accès à la réponse, perturbent les activités de surveillance et de réponse et augmentent le risque de transmission non détectée. De tels incidents soulignent les défis du contexte et l’importance de travailler étroitement avec les dirigeants et les communautés locales.
Figure 2 : Nombre de cas confirmés (n = 515), y compris les décès, en République Démocratique du Congo, par date de rapport et au 6 juin 2026

NB : Les nouveaux cas/de décès confirmés rapportés peuvent faire partie de l’arriéré d’échantillons et donc ne pas nécessairement représenter de nouvelles infections acquises.
Ouganda
Depuis la dernière mise à jour datée du 29 mai, 10 cas confirmés supplémentaires et un décès ont été rapportés en Ouganda. Au 6 juin 2026, un total de 19 cas confirmés, dont deux décès dans des cas importés, et un cas probable décédé, ont été rapportés. Cinq rétablissements ont été signalés. Parmi les cas total, 14 sont importés et cinq sont ougandais. Les cas ont été rapportés dans deux districts : Kampala et Wakiso. À ce jour, tous les cas en Ouganda peuvent être reliés à des voyageurs en provenance de la République Démocratique du Congo, ou à des infections secondaires liées à ces voyageurs ; il n’y a pas eu de transmission communautaire documentée en Ouganda. Les risques d’exposition sont associés aux établissements de santé et aux mouvements transfrontaliers.
Environ 70 % des cas sont des ressortissants congolais qui se sont rendus en Ouganda pour obtenir des soins médicaux. Cela comprend un ressortissant congolais qui a voyagé de la République Démocratique du Congo, via l’Ouganda, vers les Émirats Arabes Unis, puis est retourné en Ouganda. L’OMS collabore avec les autorités de santé publique des Émirats Arabes Unis et de l’Ouganda pour rassembler des informations supplémentaires afin d’évaluer le risque d’exposition et de faciliter le traçage des contacts par le biais du mécanisme de point focal national des Règlements Sanitaires Internationaux (RSI). D’après les informations disponibles à ce jour, il n’existe aucune preuve que le cas ait manifesté des symptômes clairement reconnus compatibles avec la BVD lors de son voyage vers ou depuis les Émirats Arabes Unis. Suite à la notification du cas, les autorités des Émirats ont rapidement mis en œuvre des évaluations de risque, des activités de traçage des contacts, un suivi des personnes identifiées, des enquêtes de santé publique, des mesures de préparation renforcées aux points d’entrée et une coordination avec les partenaires nationaux et internationaux concernés. Les enquêtes épidémiologiques à ce jour n’ont pas identifié de cas secondaires, de transmission locale ou de preuves de propagation ultérieure. Les résultats soutiennent la conclusion selon laquelle le risque de transmission associé à cet événement aux Émirats Arabes Unis était très faible.
Au 2 juin, un total de 668 contacts liés aux cas ont été identifiés et sont sous suivi. Cela comprend des contacts résidentielles proches et des contacts hospitaliers où les cas étaient hospitalisés.
Figure 3 : Nombre de cas confirmés (n = 19), y compris les décès, en Ouganda par date de rapport et au 6 juin 2026 
Épidémiologie
La maladie virale de Bundibugyo (BVD) est une forme grave et souvent mortelle de la maladie à virus Ebola causée par le virus de Bundibugyo, l’une des espèces Orthoebolavirus. C’est une maladie zoonotique, avec des chauves-souris frugivores soupçonnées d’être le réservoir naturel. On pense que l’infection humaine se produit par contact étroit avec le sang ou les sécrétions d’animaux sauvages infectés, comme les chauves-souris ou les primates non humains, et qu’elle se propage ensuite de personne à personne par contact direct avec le sang, les sécrétions, les organes ou d’autres fluides corporels d’individus infectés ou de surfaces ou objets contaminés. La transmission est particulièrement amplifiée dans les établissements de santé lorsque les mesures de prévention et de contrôle des infections (IPC) sont inadéquates, et lors des pratiques d’inhumation non sécurisées impliquant un contact direct avec les défunts.
La période d’incubation de la BVD varie de deux à 21 jours, et les individus ne sont pas contagieux jusqu’à l’apparition des symptômes. Les premiers symptômes tels que fièvre, fatigue, douleurs musculaires, maux de tête et mal de gorge sont non spécifiques, ce qui complique le diagnostic clinique et peut retarder la détection. Ces symptômes progressent ensuite vers des symptômes gastro-intestinaux, des dysfonctionnements d’organes et, dans certains cas, des manifestations hémorragiques. Les taux de létalité des deux dernières épidémies de BVD, rapportées en Ouganda et en République Démocratique du Congo en 2007 et 2012, étaient respectivement de 30 % et 50 %.
Differencier la BVD d’autres maladies fébriles endémiques telles que le paludisme est difficile sans confirmation de laboratoire utilisant la PCR ou des tests basés sur des antigènes/anticorps. Le contrôle repose sur l’identification rapide des cas, l’isolement et les soins, le traçage des contacts, des inhumations sécurisées, et un fort engagement communautaire, car il n’existe actuellement aucun vaccin ou traitement spécifique approuvé pour la BVD.
Réponse de santé publique
Les autorités sanitaires en République Démocratique du Congo et en Ouganda, en collaboration avec l’OMS et ses partenaires, mettent en œuvre des mesures de santé publique complètes, y compris la mise en œuvre du plan de réponse continental, l’engagement des donateurs et la mobilisation de ressources supplémentaires pour faire face aux lacunes de financement critiques et soutenir les opérations de réponse dans les zones affectées et à risque.
Les activités clés de réponse incluent également la coordination inter-agences et le déploiement d’équipes sur le terrain, la fourniture de fournitures médicales, le renforcement de la surveillance, l’augmentation de la capacité de laboratoire, la prévention et le contrôle des infections, la création de centres de traitement sûrs et optimisés, la communication sur les risques et l’engagement communautaire, ainsi que la recherche sur les mesures médicales potentielles.
Pour plus d’informations sur les actions de réponse de santé publique par le ministère de la santé respectif, l’OMS et les partenaires, veuillez consulter les derniers rapports de situation publiés par le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique : Épidémie de maladie virale de Bundibugyo | Rapport hebdomadaire de situation externe 03, données au 31 mai 2026 | OMS | Bureau régional pour l’Afrique
Évaluation des risques par l’OMS
Le 6 juin 2026, l’OMS a réévalué le risque de l’épidémie de BVD pour intégrer les nouvelles informations disponibles et les recommandations temporaires de l’OMS. Le risque pour les pays partageant des frontières terrestres avec des pays ayant détecté le virus de Bundibugyo (BVDV), notamment la République Démocratique du Congo et l’Ouganda, a été séparé du risque pour d’autres pays de la région africaine.
Le risque en République Démocratique du Congo demeure très élevé en raison de la transmission en cours et de l’expansion continue de l’épidémie vers de nouvelles zones de santé, augmentant le potentiel de propagation nationale et régionale supplémentaire.
Le risque en Ouganda est encore évalué comme élevé en raison de la propagation transfrontalière confirmée par des cas importés et des liens épidémiologiques en cours le long du corridor est de la République Démocratique du Congo – ouest de l’Ouganda, historiquement affecté par des épidémies d’Ebola, y compris les épidémies de Bundibugyo et de virus du Soudan.
Le risque pour les pays ayant des frontières terrestres adjacentes à ceux ayant détecté le BDBV est évalué comme élevé en raison de la mobilité de la population soutenue par le commerce transfrontalier et les activités minières, de la variation des capacités et de l’expérience de réponse à la BVD, ainsi que des niveaux de préparation variables.
Le risque pour le reste de la région africaine et au niveau mondial est évalué comme faible.
Conseils de l’OMS
L’OMS déconseille toute restriction de voyage ou de commerce avec la République Démocratique du Congo ou l’Ouganda en se basant sur les informations actuellement disponibles. L’OMS continue de surveiller de près et, si nécessaire, de vérifier les mesures de voyage et de commerce en lien avec cet événement.
Pour plus d’informations sur les considérations relatives à la mise en œuvre des recommandations temporaires en matière de santé aux frontières et de voyage international, veuillez consulter la note technique publiée le 26 mai 2026.
Les recommandations temporaires adressées aux États parties le 22 mai 2026 soulignent l’importance d’une action coordonnée de lutte contre l’épidémie, d’une collaboration transfrontalière renforcée, et d’une surveillance et préparation soutenues pour prévenir une propagation régionale supplémentaire et garantir une réponse efficace en santé publique.
L’OMS a convoqué plusieurs groupes consultatifs techniques, y compris le Groupe consultatif stratégique d’experts (SAGE) pour évaluer les candidats vaccins et traitements pour la BVD. Les principales recommandations formulées sont disponibles dans le communiqué de presse publié le 28 mai 2026.
Produits d’information réguliers sur l’épidémie de BVD en République Démocratique du Congo
Informations supplémentaires
Épidémie actuelle : déclarations et état
Mises à jour épidémiologiques et rapports de situation
Nouvelle publication d’informations sur les épidémies (épidémie actuelle)
Gestion clinique, IPC, et sécurité au travail
Formation
Événements antérieurs de la maladie virale de Bundibugyo, RDC (2012)
Contexte et références
[1] #Sources de données : Centre des opérations d’urgences de santé publique (COUSP-DRC)
Référence à citer : Organisation Mondiale de la Santé (8 juin 2026). Actualités sur les épidémies ; Maladie virale de Bundibugyo, République Démocratique du Congo et Ouganda. Disponible sur https://www.who.int/emergencies/disease-outbreak/news/item/2026-DON606
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