La RDC face à un défi fiscal, la diaspora invitée à contribuer davantage – Afrique Économie.


Les autorités de Kinshasa souhaitent renforcer les recettes fiscales de la capitale congolaise. En visite à Paris et Bruxelles, une délégation officielle a rencontré la diaspora pour l’encourager à mieux s’acquitter de ses impôts. Malgré des investissements significatifs, notamment dans le secteur immobilier, les recettes fiscales demeurent largement insuffisantes.

« Il y a déperdition. Nous l’avons quantifiée à plusieurs milliards de francs congolais. » Le constat est sans appel. Ces milliards manquants impactent directement les finances de la ville-province de Kinshasa, en RDC. Pour tenter de remédier à la situation, Gérard Kaja Kambowa, chargé de mission à la Direction générale des recettes de Kinshasa, s’est rendu en Europe. Son objectif : convaincre les Congolais de l’étranger d’accroître leur contribution fiscale.

« Nous devons contribuer pour faire évoluer la fiscalité à Kinshasa vers un modèle orienté vers le développement. Pour y parvenir, chacun doit être fier de participer à cet élan en réglant ses impôts et redevances », plaide Gérard Kaja Kambowa.

« À quoi bon payer des impôts si l’on ne sait pas où va l’argent ? »

Un message entendu par la diaspora, mais qui se heurte à une méfiance persistante. Jean Mulumba Butshie Mutuakashala, président de la plateforme COACOF (associations congolaises de France), reconnaît l’ampleur du problème. « C’est un réflexe naturel. Les gens se demandent pourquoi payer alors qu’on ne sait pas où va l’argent. Entre les malversations et la gabegie, cela alimente la méfiance. Ce sont des pratiques ancrées depuis longtemps », explique-t-il.

Impôt foncier, taxes sur les revenus locatifs ou sur les véhicules : autant de prélèvements encore largement contournés, y compris par des propriétaires vivant à l’étranger. Pour simplifier les démarches, les autorités mettent en avant la plateforme numérique IRMS-DGRK. Celle-ci permet de déclarer et de payer ses impôts à distance, depuis n’importe quel pays.

Selon Gérard Kaja Kambowa, le système est conçu pour lever les obstacles administratifs : « Chaque contribuable peut accéder à son compte fiscal, centraliser ses obligations et payer en toute sécurité. Il n’y a plus de tracasseries ni d’excuses pour ne pas contribuer au développement de notre nation ».

Au-delà de la modernisation administrative, l’enjeu est crucial : financer le programme « Kin Ezo Bonga », lancé l’année dernière. Ce vaste plan de transformation de la capitale, étalé sur cinq ans, représente plus de 10 milliards de dollars d’investissements.

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