La consolidation de la coopération militaire bilatérale entre la République Démocratique du Congo et la France était au centre des échanges, ce jeudi 16 avril, entre le vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, et son homologue française, Catherine Vautrin, à l’Hôtel de la Défense française à Paris.
L’objectif de cette rencontre, indique la cellule de communication du ministère de la Défense de la RDC, est de franchir une nouvelle étape dans le partenariat en matière de défense et de formation des Forces armées de la RDC (FARDC). Dans ce cadre, les deux autorités, accompagnées de leurs experts, ont tenu une séance de travail consacrée à l’évaluation des axes stratégiques de la coopération.
Un autre sujet abordé lors des échanges a été la réforme profonde de l’appareil de défense, en cohérence avec la volonté du gouvernement congolais, telle qu’inscrite dans le programme d’action, visant à renforcer les FARDC en tant qu’armée structurée, professionnelle et dissuasive, capable de répondre durablement aux enjeux sécuritaires actuels et d’assurer efficacement la défense de l’intégrité du territoire national face à toute forme de menace.
À cette occasion, au nom du gouvernement de la République Démocratique du Congo, le vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, a rappelé l’ancrage historique de la coopération militaire entre les deux pays, notamment depuis l’accord général de coopération signé en mai 1974, soulignant la volonté commune de moderniser ce cadre juridique.
Alors que son pays continue de faire face à l’agression rwandaise à travers la rébellion de l’AFC/M23, ainsi qu’à d’autres formes d’insécurité liées à l’activisme des ADF et d’autres groupes armés, le vice-Premier ministre de la Défense nationale, Guy Kabombo Muadiamvita, a appelé à la concrétisation d’un partenariat « exigeant », « concret » et « orienté vers des résultats mesurables » entre les deux États.
« Face à la persistance des crises sécuritaires dans l’Est de la RDC, le numéro un de la défense nationale congolaise a plaidé pour un partenariat exigeant, concret et orienté vers des résultats mesurables entre Kinshasa et Paris, mettant l’accent sur la formation spécialisée, l’appui aux réformes, l’accompagnement doctrinal, le renforcement des capacités opérationnelles et la poursuite du dialogue stratégique entre les deux ministères. Il a également salué l’implication de la France dans sa médiation pour la paix dans la région », rapporte la cellule de communication du ministère de la Défense de la RDC.
Cette rencontre, qui intervient en marge de la clôture de la première réunion plénière du G7++ des Amis du golfe de Guinée, un forum politique consacré aux enjeux de sécurité et de sûreté maritimes dans la région, qui s’est tenue sous la coprésidence du Gabon et de la France, a permis à la ministre française des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin, de réaffirmer la disponibilité de la France à accompagner les efforts de professionnalisation des Forces armées congolaises, ainsi que les initiatives de stabilisation et de paix dans l’Est de la RDC et dans la région des Grands Lacs.
Dans cette dynamique de renforcement du partenariat entre les deux États amis partageant notamment la langue française, le ministère de la Défense nationale de la République Démocratique du Congo a profité de l’occasion pour annoncer l’envoi, dans les prochains jours, d’un attaché de défense à Paris afin de renforcer la coordination et la coopération bilatérale.
Membre de l’Union européenne, la France et la République Démocratique du Congo entretiennent de bonnes relations diplomatiques et militaires, notamment dans le secteur de la défense. Cela justifie parfois la présence d’officiers de l’armée française à Kisangani, dans le cadre du programme de coopération militaire entre les deux pays. Principalement déployés auprès d’un bataillon jungle, ils interviennent strictement à des fins de formation.
Dans le cadre de ce partenariat, la France, via ses officiers, intervient également à l’École de guerre de Kinshasa. Cette école congolaise a été créée en partenariat avec la coopération militaire française, en s’inspirant de l’École de guerre de Paris et de sa déclinaison africaine, l’École supérieure internationale de guerre (ESIG) de Yaoundé, au Cameroun. Elle accueille des stagiaires congolais de la Force terrestre (FT), de la Force aérienne (FAé), de la Force navale (FN) et de la Police nationale congolaise (PNC), mais aussi, depuis la deuxième promotion, des stagiaires étrangers. La scolarité dure dix mois et demi.
Clément MUAMBA

