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Au cœur d’une région meurtrie par des conflits armés et tribaux, par les déplacements des populations, et des crises économiques et sociales depuis plus de 30 ans, les jeunes ont passé quatre jours entiers à parler de paix sur l’initiative de l’Église Catholique.
Le Diocèse de Goma a tenu du 16 au 19 juillet 2026, la 15ème édition du forum des jeunes sous le thème : « Jeune, sois témoin de l’espérance et artisan de la paix ». Des milliers de jeunes venus de la RDC et du Rwanda se sont réunis autour d’une même conviction selon laquelle la paix n’est possible que si la jeunesse s’engage à apporter sa contribution. Au-delà de la dimension religieuse, le forum est intervenu dans un contexte où les frontières entre les communautés sont souvent marquées par les blessures laissées par des histoires de violences et de fortes tensions politiques. Réunir les jeunes de ces deux pays dans un même espace est un geste qui dépasse une simple rencontre entre jeunes chrétiens. Dès la première journée, la catéchèse de l’évêque du diocèse de Goma a donné une dimension particulière à l’événement. L’évêque Willy NGUMBI insiste sur la nécessité de dépasser les barrières qui séparent les peuples. « Nous sommes les enfants d’un même père et d’une même mère, l’Église », n’a-t-il cessé de répéter.
Cette approche est appréciée par plusieurs observateurs qui estiment que pour une jeunesse qui grandit dans un environnement où les crises sécuritaires ont profondément bouleversé leur vie, ce genre de rencontre est une occasion de rappeler à tous que les blessures ne définissent pas l’avenir. Parler d’espoir ne consiste pas à nier les blessures que portent les peuples mais c’est un enseignement qui encourage la jeunesse actuelle à poser des actes à l’image du monde dans lequel elle veut construire son futur. Dans cet environnement, aussi complexe soit-il, les jeunes sont appelés à ne pas se considérer comme de simples victimes mais comme des acteurs et bénéficiaires de la paix. L’enjeu majeur ici est d’avoir dans la communauté une génération entière qui apprend à vivre avec les blessures laissées par les conflits mais qui refuse de les transmettre à la génération future.
L’hospitalité, une autre manière de construire le vivre-ensemble
Venu des différentes régions de la RDC et du Rwanda, les milliers de jeunes participants n’ont pas dormi dans des hôtels mais des familles leur ont ouvert leurs portes et ont vécu avec eux comme des frères pendant 4 jours. Cette idée porte une forte dimension symbolique. Accueillir chez soi quelqu’un qui vient d’ailleurs revient aussi à rappeler que l’hospitalité, la générosité et la solidarité sont d’autres gestes par lesquels les peuples se témoignent l’amour du prochain. Ces familles ont fait de leurs maisons des espaces d’échange et de rencontre où l’on ne se découvre pas comme originaire de telle région mais comme des personnes destinées à vivre ensemble dans l’harmonie. Cette tradition d’accueil rappelle ce que les conflits ne devraient jamais effacer : la capacité à se tendre la main. Les familles de Rutshuru ont posé un geste simple mais qui témoigne beaucoup d’humanité. Le forum s’est achevé sur une image qui résume tous les enseignements. La paix et le vivre-ensemble ne sont pas des idées à défendre mais une expérience à construire au quotidien, même dans les petits gestes.

