Encore quelques semaines de patience avant que la RDC n’entre dans le cercle des pays producteurs de lithium. La société minière Zijing a affirmé son ambition de produire 500 000 tonnes de carbonate de lithium au Tanganyika d’ici la fin du mois de juin, mais à la mi-juillet, aucune annonce officielle n’a encore été faite. Cela ne remet pas en question le potentiel de ce projet, qui prévoit à terme une production de 5 millions de tonnes de lithium par an.
Pas de fumée blanche du côté de Manono, où l’extraction devait commencer à la fin du mois de juin, mais selon nos sources, le projet a pris du retard. Officiellement, les autorités ainsi que la compagnie chinoise qui exploite ce gisement n’ont pas communiqué sur le sujet.
Malgré ce retard, le potentiel reste important. Le gisement de Manono représente en effet la plus grande ressource de lithium au monde en termes de contenu en équivalent carbonate de lithium (LCE). Ce produit est utilisé dans l’industrie pharmaceutique, mais aussi pour la production de batteries. Ce gisement se distingue par une teneur importante, surpassant largement la qualité des gisements exploités au Zimbabwe, pays qui produit actuellement 10 % du lithium mondial.
D’ailleurs, la Chine n’est pas la seule à s’intéresser au lithium congolais. Si Zijing Mining Group est aujourd’hui la première entreprise en mesure de commencer la production dans les prochaines semaines, des sociétés américaines sont déjà positionnées, notamment KoBold, qui s’intéresse au gisement de Manono-Sud.
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Des corridors d’exportation déjà à l’étude
Ce lithium sera, dans un premier temps, exporté de RDC via la Tanzanie. La route reliant Manono à la capitale provinciale Kalemie est en cours de réhabilitation. Un nouveau port lacustre doit également voir le jour au nord de la ville, plus précisément à Kabimba. Objectif : rejoindre les côtes est-africaines.
En revanche, le projet américain prévoit à plus long terme de passer par le corridor de Lobito. Ce couloir ferroviaire et logistique doit permettre d’exporter les minerais congolais vers l’Angola pour rejoindre directement le marché américain. Reste à savoir sous quelle forme ce lithium sera exporté. Les usines de raffinage sont situées uniquement en Chine, mais plusieurs projets sur le continent sont annoncés : au Zimbabwe, au Ghana, mais aussi en RDC.
Les États-Unis, qui n’ont pas encore de capacité de raffinage sur leur territoire, veulent aussi stocker ce minerai considéré comme stratégique. « C’est une stratégie qui ne vise pas que le lithium, explique un expert. Les Américains ont pour objectif de constituer des réserves sur leur territoire afin de garantir leur indépendance d’approvisionnement pour plusieurs matières premières », et de citer le cas du cobalt, lui aussi exporté de RDC.
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