L’épidémie d’Ebola en RDC se propage plus rapidement que toutes les précédentes, d’après l’agence de santé de l’UA.


L’épidémie de la maladie à virus Ebola, officiellement déclarée le 15 mai en République démocratique du Congo (RDC), se propage plus rapidement que toutes celles observées auparavant, a indiqué jeudi l’Africa CDC, l’agence de santé de l’Union africaine (UA). À la date du 7 juillet, 600 décès sur 1 759 cas confirmés ont été recensés en RDC depuis le début de l’épidémie actuelle, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui a précisé que le bilan restait stable – deux morts pour 20 cas confirmés – en Ouganda voisin.

15 000 morts au cours des 50 dernières années

Le virus Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels des personnes vivantes ou décédées et provoque une fièvre hémorragique, a tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. L’épidémie la plus meurtrière en RDC avait causé près de 2 300 morts pour 3 500 cas recensés entre 2018 et 2020. « Malheureusement, le virus continue de devancer notre réponse. Il se répand plus vite que les moyens déployés pour contrôler la situation », a déclaré le docteur Wessam Mankoula, responsable des situations d’urgence de l’Africa CDC.

« Nous continuons d’affronter l’épidémie d’Ebola connaissant la propagation la plus rapide jamais enregistrée », a-t-il constaté, « pas seulement parmi les épidémies du virus Bundibugyo, mais parmi tous les différents virus provoquant Ebola », a-t-il ajouté lors d’un point de presse en ligne. Au cours des six premières semaines de l’épidémie actuelle, 1 596 cas ont été recensés, contre 994 lors des six premières semaines de l’épidémie qui a frappé l’Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2016, a noté le docteur Mankoula.

« Besoin de plus »

Cette épidémie ouest-africaine, la plus meurtrière de l’histoire liée au virus Ebola, a causé plus de 11 300 décès sur environ 29 000 cas recensés, à plus de 99 % en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone. Dans l’Est de la RDC, le nombre de cas continue d’augmenter régulièrement et on estime qu’il double tous les 28 jours environ, selon le docteur Mankoula. « L’épidémie continue de s’étendre et son ampleur réelle n’a pas encore été pleinement établie », a déclaré Anne Ancia, représentante de l’OMS en RDC, plus tôt dans la semaine.

« Malgré des progrès encourageants, nous continuons toutefois de faire face à des défis majeurs. Les centres de traitement fonctionnent à environ 90 % de leur capacité, exerçant une pression considérable sur la réponse sanitaire », a-t-elle ajouté. Il s’agit de la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola en RDC, mais aucun vaccin ni traitement spécifique n’est disponible pour le variant Bundibugyo. Un essai clinique portant sur deux traitements a débuté le 2 juillet, selon l’OMS, qui a également accordé une autorisation d’utilisation d’urgence au premier test de diagnostic moléculaire de ce virus.

« Nous avons besoin de plus de moyens », que ce soit « des ressources financières accrues ou la capacité de déployer plus de personnel, pour contrôler cette épidémie rapidement », a souligné le Dr Mankoula, estimant les besoins à 1,4 milliard de dollars et exhortant les bailleurs à débloquer des fonds.

Conflits, faim, précarité

Le foyer de l’épidémie se situe en Ituri, province du Nord-Est de la RDC, frontalière du Soudan du Sud et de l’Ouganda, et en proie aux violences des milices et des groupes armés. Le virus s’est propagé aux provinces des Nord et Sud-Kivus, où de larges pans de territoire sont contrôlés par le groupe armé antigouvernemental M23.

« Avant l’arrivée d’Ebola, des millions de personnes étaient déjà confrontées à des conflits, à la faim, aux déplacements de population, à la précarité des services de base et à un accès limité aux soins de santé », a souligné Tom Fletcher, chef des opérations humanitaires de l’ONU.

Il a également appelé les bailleurs de fonds à débloquer des financements et à inciter « toutes les parties » à faciliter l’accès humanitaire, avertissant dans un communiqué que « tout retard se traduira par des décès dus à Ebola et par des pertes de vies humaines liées aux conséquences humanitaires plus larges de cette épidémie ».



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