Visa mise sur les stablecoins pour faciliter les transferts en République Démocratique du Congo.


13h14 ▪ 5 min de lecture ▪ par Evans S.

Résumé de l’article

Visa, M-Pesa et Onafriq testent des stablecoins en République Démocratique du Congo pour régler des transactions mobiles transfrontalières. Le projet vise à rendre les transferts plus rapides, moins chers et plus fluides, sans nécessairement modifier l’expérience utilisateur visible. Les paiements continuent d’être effectués via le mobile money, mais le règlement est effectué en coulisses grâce aux dollars numériques.

En bref

  • Visa teste des stablecoins avec M-Pesa et Onafriq en RDC.
  • Le projet vise des paiements transfrontaliers plus rapides et moins coûteux.
  • La question de la dollarisation numérique reste sensible pour les régulateurs.

Les stablecoins font leur entrée dans le mobile money congolais

Les stablecoins pénètrent un domaine déjà familier aux Congolais : le mobile money. Visa, M-Pesa et Onafriq souhaitent tester une infrastructure où les paiements transfrontaliers sont réglés via des actifs numériques adossés au dollar. Cette initiative prolonge les expériences déjà menées par Visa dans les paiements en stablecoin.

L’idée n’est pas d’exiger des utilisateurs qu’ils ouvrent un portefeuille crypto ou gèrent une clé privée. Le client continue d’utiliser une interface de mobile money. Le changement concerne principalement le moteur financier qui règle la transaction entre partenaires.

Pour la RDC, ce choix est stratégique. Le pays combine une utilisation importante du dollar, une adoption croissante du mobile money et des besoins significatifs en paiements transfrontaliers. Les stablecoins peuvent ainsi devenir une couche technique discrète mais puissante.

Visa vise à réduire les frictions de transfert

Les transferts transfrontaliers demeurent coûteux et lents en Afrique subsaharienne. De nombreuses opérations passent encore par des banques intermédiaires, avec des frais cumulés et parfois de longs délais de règlement. Les stablecoins peuvent réduire cette dépendance aux rails traditionnels. Une transaction réglée sur blockchain peut être confirmée plus rapidement et à un coût inférieur, surtout lorsque les partenaires disposent déjà d’une infrastructure de conformité et de liquidité.

Visa n’est pas étranger à ce domaine. Le groupe teste l’utilisation d’actifs numériques dans ses règlements depuis plusieurs années. L’expansion vers la RDC montre que les stablecoins ne sont plus seulement un sujet de trading. Ils deviennent une solution possible pour les paiements quotidiens.

Onafriq joue ici un rôle important. Son réseau connecte des portefeuilles mobiles, des banques et des fintechs dans plusieurs pays africains. En combinant cette portée avec l’infrastructure de Visa, le test peut observer comment les stablecoins fonctionnent dans un environnement réel.

Les stablecoins promettent rapidité mais soulèvent une question monétaire

L’intérêt principal des stablecoins réside dans leur stabilité relative. Contrairement au bitcoin ou à l’ether, leur valeur est généralement indexée à une monnaie traditionnelle, souvent le dollar américain. Cela les rend plus adaptés pour les paiements et les règlements internationaux.

En RDC, cette caractéristique est à la fois utile et sensible. Le dollar circule déjà largement dans l’économie. Un stablecoin indexé sur le dollar peut faciliter les transactions mais peut également renforcer la dollarisation numérique.

La Banque centrale du Congo, en revanche, cherche à soutenir l’utilisation du franc congolais. C’est là que le débat devient politique. Les stablecoins peuvent améliorer l’efficacité des paiements tout en compliquant les efforts de souveraineté monétaire.

Ce dilemme n’est pas unique à la RDC. Plusieurs pays africains observent l’essor des dollars numériques avec prudence. Le Nigeria, par exemple, fait déjà face à une adoption forte des stablecoins en Afrique, notamment pour les transferts et la protection contre la dépréciation de la monnaie locale.

Un test qui pourrait aller au-delà de la RDC

Le pilote congolais doit principalement répondre à une question simple : les stablecoins peuvent-ils améliorer les paiements sans compliquer la vie de l’utilisateur final ? Si la réponse est affirmative, le modèle pourrait être étendu à d’autres marchés africains.

Les cas d’utilisation sont nombreux. Il pourrait s’agir de recharger un portefeuille mobile depuis l’étranger, de payer un commerçant transfrontalier ou de faciliter les paiements entre entreprises. Dans tous les cas, l’utilisateur recherche principalement rapidité, coût et fiabilité.

Le succès dépendra cependant de plusieurs conditions. Les partenaires doivent garantir la liquidité, sécuriser les flux, respecter les règles locales et éviter que le produit ne soit perçu comme une échappatoire vers le dollar numérique.

Visa avance donc prudemment, mais le signal est fort. Les stablecoins ne sont plus confinés aux plateformes crypto. Ils pénètrent les infrastructures de paiement utilisées par des millions de personnes. Après les tests de Visa avec USDC sur Solana, cette expérience avec M-Pesa en RDC confirme que les stablecoins transfrontaliers deviennent un domaine de concurrence majeur entre les réseaux de paiement, les fintechs et les banques.

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AVERTISSEMENT
Les opinions exprimées dans cet article appartiennent uniquement à l’auteur et ne doivent pas être considérées comme des conseils d’investissement. Faites vos propres recherches avant de prendre toute décision d’investissement.



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