En tant que deuxième vice-président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) et représentant de son président Denis Kadima, Didi Manara a prononcé une intervention soulignant la nécessité d’une refonte profonde du cadre électoral en République démocratique du Congo.
Cette intervention a eu lieu lors d’une journée de réflexion sur les réformes électorales organisée par la Commission Justice et Paix de l’Église du Christ au Congo.
Dans son allocution, en présence d’acteurs religieux, politiques ainsi que d’experts et scientifiques, Didi Manara a rappelé que l’institution avait déjà pris l’initiative de réaliser une évaluation approfondie du cycle électoral de 2023.
« La CENI a déjà procédé, en toute responsabilité, à une évaluation objective et rigoureuse du processus électoral de 2023, » a-t-il déclaré mercredi 29 avril, soulignant la volonté de l’institution de tirer les leçons nécessaires pour améliorer les prochains scrutins.
Selon lui, cette auto-évaluation a permis d’identifier des enseignements essentiels. « La commission électorale a tiré des enseignements majeurs, fondés sur une analyse sans complaisance de ses forces et de ses faiblesses, qu’il est crucial de corriger rapidement, » a-t-il expliqué lors de sa communication.
Parmi les conclusions principales figure la nécessité de réviser en profondeur le cadre légal régissant les élections.
« Il est désormais évident que l’arsenal juridique encadrant le processus électoral appelle une réécriture substantielle. Ce chantier, devenu incontournable, pourrait même nécessiter une révision de certaines dispositions de la Constitution afin de doter notre pays d’un cadre électoral plus inclusif, plus crédible et davantage porteur de paix, » a affirmé le deuxième vice-président de la CENI.
En réaffirmant l’engagement de la CENI dans ce processus, Didi Manara a précisé que l’institution participe activement à ces assises à travers ses experts. « La CENI réaffirme ici sa pleine disponibilité à participer activement à cette journée de réflexion, » a-t-il déclaré, invitant les participants à contribuer aux débats sur « des questions sensibles concernant les élections dans notre pays. »
« Fidèle à sa mission, la CENI réaffirme sa pleine disponibilité à participer activement à cette journée de réflexion. Elle y est représentée par des experts de haut niveau que je voudrais inviter à se lever, tous les experts et cadres de la CENI, qui sont disposés à apporter des éclairages sur des questions sensibles concernant les élections dans notre pays, » a souligné Didi Manara, deuxième vice-président de la CENI.
D’autre part, Didi Manara a insisté sur l’importance d’inclure la Commission Électorale Nationale Indépendante dans la réflexion sur les réformes électorales, rappelant que « leur voix et leur vécu doivent demeurer au cœur des délibérations. »
« Nous estimons qu’aucune réforme crédible ne saurait aboutir sans prêter une oreille attentive à celles et ceux qui vivent et subissent au quotidien les réalités du processus électoral. Leur voix et leur vécu doivent demeurer au cœur de nos délibérations, car c’est à leur service que nous œuvrons. Enfin, la CENI souhaite que les conclusions de ces travaux soient objectives et pertinentes, afin de permettre au Parlement d’en être pleinement éclairé et d’en débattre en connaissance de cause, dans l’intérêt supérieur de la République démocratique du Congo, » a-t-il recommandé lors de son intervention.
Cette rencontre intervient dans un contexte où la CENI éprouve des difficultés à mettre en œuvre sa feuille de route en vue des prochaines élections. Le 4 avril 2025, la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) avait présenté sa feuille de route pour la période 2025-2029 comme une boussole pour les années à venir, un outil de planification et un gage d’engagement de la centrale électorale à remplir sa mission avec loyauté, dans le respect de la Constitution, des lois de la République et des standards internationaux. Cependant, près d’une année après sa publication, cette feuille de route semble ne pas atteindre les objectifs qui lui sont fixés, alors que certains camps politiques continuent de contester les résultats des élections générales de décembre 2023.
Cet outil, censé baliser le chemin vers les préparatifs et l’organisation des scrutins combinés de 2028, rencontre des difficultés dans son exécution et sa mise en œuvre. Un mois après sa publication, soit le mardi 6 mai 2025, le président de la CENI, Denis Kadima, s’est rendu à l’entrepôt central de la CENI afin d’évaluer l’état d’avancement des opérations d’inventaire et de contrôle de la fonctionnalité du matériel électoral, première étape de cette feuille de route. Toutefois, il apparaît qu’entre avril 2025 et mars 2026, plusieurs activités prévues n’ont pas été exécutées.
Malgré ces retards, la CENI se montre optimiste et attend du gouvernement la mobilisation des moyens nécessaires pour la mise en œuvre effective de cette feuille de route.
Clément MUAMBA

