En République Démocratique du Congo, les autorités annoncent la création d’une unité de paramilitaires pour assurer la sécurité des mines.


Cette unité devrait déployer 20 000 agents sur le terrain d’ici à la fin de 2028. Un premier contingent, comprenant entre 2 500 et 3 000 hommes, devrait être opérationnel dès décembre prochain. Ces nouvelles recrues ont pour objectif de remplacer tous les policiers et militaires actuellement présents sur les différents sites miniers du pays.

Le recrutement des agents devrait débuter dès le mois de mai, selon le communiqué qui insiste sur l’objectif de la mission de cette « garde minière », qui doit surveiller l’ensemble de la chaîne d’exploitation ; des gisements au convoyage des produits miniers sur l’ensemble du territoire. Les agents de cette nouvelle structure seront présents dans 22 des 26 provinces de la RDC.

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Contrepartie

« Le programme, financé à hauteur de 100 millions de dollars (un peu plus de 85,5 millions €), s’inscrit dans le cadre de partenariats stratégiques avec les États-Unis et les Émirats arabes unis« , ajoute l’IGM sans préciser l’origine des fonds de ce financement.

Évoquer le partenariat stratégique, c’est revenir sur l’accord visant à mettre fin au conflit dans l’est de la RDC, signé en décembre dernier à Washington entre Kigali et Kinshasa.

L’accord avait été salué par le président Donald Trump comme un moyen de sécuriser les minerais stratégiques congolais. En échange de cette sécurisation et donc d’un retour à la paix dans l’est de la RDC, l’industrie américaine doit bénéficier d’un accès privilégié aux minerais stratégiques congolais.

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Désaveu

Pour de nombreux membres de la société civile congolaise, cette décision outrepasse les compétences de l’IGM et la création de ces troupes paramilitaires est vécue comme une humiliation pour les services de l’État congolais actuellement actifs dans ce secteur. « Cela démontre une fois encore l’absence de confiance des plus hautes instances du pays dans les Congolais« , explique un membre d’une ONG congolaise qui souligne le terme « paramilitaire, qui laisse la porte à l’arrivée de nouveaux mercenaires pour diriger cette structure« . « Cette annonce renforce le doute du peuple congolais quant aux retombées effectives de l’accord minerais contre sécurité« , ajoute Jean-Pierre Okenda, membre de l’ONG « Le Congo n’est pas à vendre », cité par le site mines.cd.

Face à ces tensions autour de la création de cette garde des mines, l’ambassade américaine à Kinshasa a publié un communiqué pour affirmer que « le gouvernement des États-Unis ne finance pas de groupes paramilitaires pour garder les mines ».



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