Plus d’un mois après l’attaque menée par des miliciens contre le quartier général du parc Upemba à Lusinga, en République démocratique du Congo, les éco-gardes et le personnel civil de cette aire protégée entament une reconstruction progressive. Les responsables du parc ont organisé des séances de soutien psychologique sur plusieurs semaines, tant pour le personnel évacué vers Lubumbashi que pour ceux restés sur place. L’attaque du 3 mars a coûté la vie à sept employés du parc Upemba. Retour sur les lieux, à la rencontre de quelques-uns de ces employés.
De notre correspondante à Lubumbashi,
Au cabinet du psychologue, Naomie Luhembwe, une jeune employée du parc Upemba en RDC, affiche un air détendu. Mais derrière son sourire, le souvenir de l’attaque est encore vif. « C’était un mardi 3 mars, vers 5h40. Ma colocataire s’était déjà réveillée. Elle avait ouvert la porte et mis la musique. Puis, j’ai entendu les premiers coups de feu. Après un moment, ils ont pris le contrôle total du camp. Il y a eu des coups de feu en rafale », se rappelle-t-elle.
Cette jeune femme d’une vingtaine d’années se souvient de tous les moments de peur, et parfois de découragement, comme si c’était hier : « J’ai eu très peur… Je me sentais hors de moi-même. Je m’imaginais plein de choses. Et ma plus grande peur a commencé lorsque les rebelles m’ont fait sortir de la maison. C’est à ce moment-là que j’ai vécu mon pire cauchemar : voir mes collègues allongés au sol sans vie. »
À lire aussiRDC: retour au calme au parc de l’Upemba après l’attaque armée attribuée à des miliciens Maï-Maï
Une prise en charge pour une reconstruction
De nombreux autres employés du parc Upemba, dont des éco-gardes, ont été confrontés à cette violence brutale, mais à des degrés variés. Ebenezer Kamangu est le psychologue qui les suit. « Dans un premier temps, nous avons reçu les victimes de l’attaque. On les écoute. Ensuite, nous procédons aux évaluations. Certains, malgré tout ce qu’ils ont vu et vécu, n’étaient pas traumatisés. D’autres étaient extrêmement traumatisés et ont présenté plusieurs troubles nécessitant une prise en charge », explique-t-il.
Une prise en charge qui ouvre la voie vers la reconstruction, reconnaît Naomie Luhembwe : « Chaque fois que je sens la peur se réveiller en moi, je pratique les exercices que le psychologue m’a conseillés. Il y a de la musique douce, des exercices de respiration. Cela m’aide beaucoup à me sentir mieux. »
Malgré les progrès réalisés par les employés, la fragilité demeure. Marie est l’infirmière au parc Upemba qui a tout organisé : « L’accompagnement psychologique est toujours en cours. Nous faisons tout notre possible pour remonter le moral des employés afin que le travail reprenne normalement. » Pour l’heure, certains agents du parc ne sont pas encore prêts à y retourner.
À lire aussiAttaque contre le parc de l’Upemba en RDC: l’heure de la reconstruction psychologique

