Damascus, 14 avril (SANA) La contamination par des munitions explosives reste un obstacle majeur à la récupération et à la stabilité économique de la Syrie, avec plus de 2 000 victimes enregistrées depuis fin 2024, selon un rapport du Conseil danois pour les réfugiés (DRC).
Intitulé « De la contamination à la récupération : le rôle crucial de l’action humanitaire contre les mines en Syrie », le rapport indique qu’entre le 8 décembre 2024 et le 3 avril 2026, au moins 1 137 incidents impliquant des munitions non explosées ont été enregistrés, entraînant 2 050 victimes, dont 746 décès et 1 304 blessures. Les enfants font partie des plus touchés.
Environ 63 % des incidents se sont produits dans des zones agricoles et de pâturage, soulignant les risques auxquels sont confrontés les agriculteurs et les communautés rurales. Les provinces de Deir Ezzor, Alep et Idlib ont été identifiées comme les plus affectées.
Le DRC estime qu’entre 100 000 et 300 000 munitions explosives restent non explosées en Syrie, posant des menaces à long terme pour les civils et entravant les efforts de reconstruction.
Impact sur les moyens de subsistance
Le rapport note que la contamination impacte les terres agricoles, l’infrastructure, les écoles et les zones résidentielles, restreignant l’accès aux services essentiels et retardant le retour des populations déplacées.
Il prévient que les restes explosives de guerre ne sont pas seulement une préoccupation de sécurité, mais aussi un obstacle majeur à la reprise économique, empêchant les communautés de cultiver des terres, de restaurer des moyens de subsistance et de reconstruire les économies locales.
Des pratiques à haut risque telles que l’auto-dégagement, la collecte de ferraille et l’agriculture dans des zones contaminées ont augmenté, poussées par des pressions économiques et une sensibilisation limitée.
Besoin d’une action minière soutenue
Le DRC a déclaré que l’action humanitaire contre les mines (AHM), y compris l’enquête, le déminage et l’éducation aux risques, est cruciale pour permettre la reprise et garantir un accès sécurisé aux terres et aux services.
Sans des efforts soutenus et coordonnés, les investissements dans l’infrastructure, l’agriculture et la reprise précoce ne donneront probablement pas de résultats durables, selon le rapport.
Appel à une réponse coordonnée
Le rapport souligne la nécessité d’une approche intersectorielle reliant le déminage à des programmes de récupération plus larges, y compris le logement, l’infrastructure et le soutien aux moyens de subsistance.
Il souligne également l’importance d’aborder les droits au logement, à la terre et à la propriété pour assurer des retours sûrs et durables et réduire le risque de conflits.
Défis de financement et de capacité
Le DRC a appelé à un financement accru et prévisible pour l’action contre les mines, avertissant que les cycles de financement à court terme limitent l’efficacité et augmentent les coûts.
Il a également souligné la nécessité de renforcer les institutions nationales et de développer les capacités locales pour assurer des réponses durables à long terme.
Expansion des opérations
Les efforts récents du DRC incluent des campagnes de sensibilisation aux risques, des enquêtes et des programmes de formation atteignant des milliers de bénéficiaires, y compris des enfants, avec des équipes déployées dans des zones touchées telles que la campagne de Damas et Daraa.
Le rapport conclut que s’attaquer à la contamination par des munitions explosives est une condition préalable à une récupération sûre, durable et économique en Syrie.
ABD

