La République démocratique du Congo a obtenu des promesses de financement dépassant 200 millions USD (environ 174,4 millions d’euros) pour réaliser son deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2), lors d’une table ronde des bailleurs de fonds qui s’est tenue le 23 mars à Kinshasa, présidée par Félix-Antoine Tshisekedi.
Organisée sous l’égide du ministère du Plan, cette initiative intervient 42 ans après le dernier recensement en 1984, dans un pays dont la population est passée d’environ 30 millions à près de 112,8 millions d’habitants.
Face à cet écart, le chef de l’État a souligné l’urgence de disposer de données fiables pour orienter l’action publique. « Un pays qui ne se connaît pas ne peut pas se gouverner pleinement ; un pays qui ne se compte pas ne peut pas se planifier correctement ; un pays qui ne se comprend pas ne peut pas se transformer durablement », a-t-il déclaré, appelant à fonder les décisions publiques sur des bases statistiques solides.
Un financement structuré autour des partenaires
Parmi les principaux contributeurs attendus, la Banque mondiale envisage un financement total de 100 millions USD (environ 87,2 millions d’euros), dont 75 millions (environ 65,4 millions d’euros) directement destinés au recensement, sous réserve de validation par son Conseil d’administration. Le reste devrait soutenir le renforcement du système statistique national, avec un accent sur la modernisation des outils et la formation.
La Banque africaine de développement (BAD) prévoit quant à elle une contribution de 80 millions USD (environ 70 millions d’euros), répartie entre le financement des opérations et le soutien institutionnel, notamment au bénéfice de l’Institut national de la statistique.
Le système des Nations unies complète ce dispositif avec une première mobilisation immédiate de 3 millions USD (environ 2,6 millions d’euros), et un soutien technique, logistique et fiduciaire, à travers un mécanisme de panier commun dirigé par le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).
Un levier pour refonder la gouvernance publique
Au-delà de l’opération statistique, les autorités présentent le RGPH2 comme un outil structurant pour les politiques publiques. Le président Tshisekedi a ainsi souligné que l’ambition est de « faire en sorte que, pour les décennies à venir, les grandes décisions publiques en RDC reposent davantage sur la connaissance que sur l’estimation ».
Le projet s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis 2019, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et du développement local, qui reposent sur une meilleure identification des besoins des populations. Initialement évalué à 192 millions USD (environ 167,4 millions d’euros), le coût du recensement pourrait être entièrement couvert au regard des engagements annoncés. La RDC a déjà contribué à hauteur de 30 millions USD (environ 26,15 millions d’euros), versés dans le fonds commun géré par l’UNFPA.
Il convient de noter qu’en complément, la Côte d’Ivoire a proposé un soutien technique et logistique, incluant le partage d’expérience et la mise à disposition de matériel pour les opérations de cartographie.
