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LIENS

PUBLICITÉ EXTÉRIEURE

 

ANDRÉ KIMBUTA REMET DE L’ORDRE DANS SA VILLE !

 

 

 

Circulez dans la Ville de Kinshasa.  Le spectacle est tout simplement effarant.  Les panneaux publicitaires sont posés n’importe où, et n’importe comment.  Sur les façades, et toits des immeubles. Les murs ? N’en parlons pas.  C’est à qui va peindre le plus vite, de la manière la plus laide, sans autorisation des autorités urbaines.  Qui paye quoi à qui, et comment ?

 

Pour mettre fin au désordre et à l’anarchie, le Parlement provincial, sur proposition du Gouverneur, a voté un Edit sur la réglementation de l’implantation des structures de publicité et l’affichage publicitaire dans la Ville de Kinshasa, promulgué le 28 décembre 2007.

Le Gouvernement central conteste cette initiative arguant de l’inconstitutionnalité de l’Edit.  On assiste désormais à une sorte d’épreuve de force entre les services centraux et urbains de la Culture et Arts, auxquelles s’ajoutent l’Urbanisme et les Travaux publics. Les professionnels de la publicité sont déboussolés.  Ils veulent être confortés et sécurisés. A qui doivent-ils s’adresser ?  Vont-ils être victimes d’une double taxation ?  La réponse dans cet entretien que Afronews a eu avec Monsieur Didier Kuba Kusuti, Secrétaire Technique de la Commission sur la Publicité Extérieure, basée à l’Hôtel de ville.  

 

Francis Wambole :  En promulguant un Edit provincial sur la Publicité, le Gouverneur de la Ville de Kinshasa semble intervenir dans une matière qui est de la compétence du Gouvernement central, tapant du poing sur la table.  Est-ce là une nouvelle variante de la lutte que se livrent les provinces et le pouvoir central pour la gestion des ressources financières ?

 

Didier Kuba : Il faut d’abord circonscrire de quoi l’on parle exactement.  Ici, nous parlons des dispositifs publicitaires implantés et/ou affichés dans la Ville; tels les panneaux publicitaires, les banderoles, les enseignes lumineuses, les logotypes, les publicités peintes sur les murs … etc : en clair, la Publicité Extérieure.  

Alors qu’aucune autorisation n’est accordée par le Gouverneur, il est constaté, dans la Ville, une floraison d’activités d’implantation des structures de publicité et d’affichage publicitaire. Chacun fait ce qu’il veut, quand il veut, où il veut et, finalement, prend les autorisations où cela l’arrange, bafouant du même coup l’autorité de l’Etat, ignorant en cela les dispositions légales et réglementaires en la matière.  Le Gouverneur de la Ville, en promulguant cet Edit, a manifesté une volonté politique forte, celle de restaurer l’Autorité de l’Etat, réaffirmer la primauté du droit, et enfin souligner que le processus de tolérance zéro est désormais d’application, dans le secteur de la Publicité Extérieure.

 

F.W. : Dans plusieurs correspondances adressées aux professionnels de la Publicité, le Secrétaire général à la Culture affirme que la publicité est de l’Art. Auquel cas, la Constitution est claire et sans équivoque, c’est une matière qui rentre dans les compétences exclusives du Pouvoir central (art 202, alinéa 2).  Dites-nous, l’Edit provincial est-il inconstitutionnel ?

 

D.K. : La publicité, dans son aspect globalisant, est essentiellement la maîtrise des techniques pour vendre un produit ou un service.  Elle n’est donc pas un Art stricto sensus, et ne peut être intégré dans les matières exclusives du pouvoir central, tel que disposé dans la Constitution en art 202, alinéa 2.   Mais, pour tordre le cou, définitivement, à cette assertion d’ailleurs assez légère, il faut le reconnaître, développons encore plus...  La publicité n’est pas un Art.  Elle n'en a ni la pure subjectivité ni la gratuité, même si, c’est vrai, elle est d'abord une activité de création, une œuvre de l’esprit. Elle a des objectifs concrets, précis, prosaïques même, au service de tiers.  Le discours publicitaire, et même l’affichage, a ses règles propres. Sa vocation fondamentale n'est pas de plaire ou de distraire, mais d'influencer dans un sens déterminé et dans des délais assez rapides. Alors parler d’Art, en ce qui concerne la Publicité, est complètement abusif, et ne relève que d’un débat sémantique, du reste assez stérile… Et évoquer, dans le même mouvement, l’inconstitutionnalité de l’Edit n° 004/2007 sur cette seule base est un galvaudage des concepts juridiques.

 

F.W. C’est une argumentation séduisante, mais faible juridiquement…

 

D.K. : Il ne faut pas vous laisser abuser par les textes réglementaires que brandissent les uns et que récitent mécaniquement les autres. Disons-le clairement. Ici, la matière, c’est la publicité extérieure.  Et le siège de cette matière, c’est incontestablement l’ordonnance 97/327 du 15 octobre 1955.  Ce texte jamais abrogé donne compétence au seul Gouverneur de province en matière de Publicité Extérieure.

Lors de son intervention devant les professionnels de la Publicité de la Ville de Kinshasa, le 15 août 2007, le Gouverneur, déjà, rappelait les prescrits légaux et réglementaires dans le secteur de la publicité, et proposait une démarche pour assainir le secteur, amorcer le processus d’embellissement de la Ville, stopper l’anarchie développée par certains membres de la corporation, et mettre en place une sorte de guichet unique pour ce qui concerne le paiement des taxes et autres droits du à la Ville.  

 

F.W.: La gestion de la taxe sur la publicité, sous ses différentes formes, relève de la compétence du Ministre de la Culture et des Arts dixit le Secrétaire Général à la culture dans une lettre adressée aux Professionnels de la publicité ?

 

D.K. : Il ne m’appartient pas d’entretenir une discussion juridique de haut vol avec le Secrétaire Général à la Culture.  Nos juristes, et autres experts sont d’ailleurs là pour mettre en musique la très forte volonté politique exprimée par le Gouverneur.  Cependant, dans le temps et le lieu de cet entretien, je me contenterai juste de la relayer et, excusez-moi l’image, d’en faire la publicité. Je rappelle ici que cette volonté politique a été sanctionnée par l’adoption à l’Assemblé provinciale de Kinshasa de l’Edit n° 004/2007.  Cette loi rend caduque toute autorisation obtenue antérieurement à sa promulgation, et soumet désormais toute demande d’autorisation, en matière de publicité extérieure, aussi bien d’implantation de structures de publicité que d’affichage publicitaire, sur quelque support que ce soit, à la seule sanction d’un seul centre de décision, à savoir la décision du seul Gouverneur de la Ville.

En effet, Quel est ce quidam qui accepterait que l’on vienne afficher et implanter, dans sa basse cour, n’importe quand, n’importe comment, n’importe où, qui plus est, en payant à qui l’on veut.  

Sur base de quel texte, un Gouverneur de Province, par ailleurs, seul Autorité, selon les dispositions de l’actuelle Constitution, à aménager son territoire, peut-il accepter l’anarchie qui s’est installée dans le secteur de la publicité à Kinshasa, qui peut accepter l’enlaidissement accéléré de sa ville, et de plus favoriser l’évanouissement des ressources nécessaires à la reconstruction de sa Ville ?

Ce quidam là, ce n’est sûrement pas André Kimbuta.  Le Gouverneur de la Ville de Kinshasa, lui, a dit non ! Triplement non !

Il l’a fait savoir clairement d’une part en exécutant la volonté du peuple de Kinshasa, matérialisée par cet Edit voté par l’Assemblée provinciale de Kinshasa, et d’autre part en édictant promptement des mesures d’application, par un Arrêté, n° SC/0064/BGV/Ass.DirCab/PLS/2008.

L’anarchie, le désordre, la déresponsabilisation des services de la Ville, C’est désormais fini… La Ville se dote peu à peu des instruments juridiques pour débroussailler cette jungle.  Faites confiance au Gouverneur…

 

F.W.: Concrètement, que fait l’opérateur économique, l’afficheur qui se retrouve devant une multitude de textes légaux, et d’injonctions diverses provenant entre autres du Secrétariat général à la culture, des ministères des travaux publics et de l’Urbanisme du Gouvernement central, et d’autres services du Gouvernement central ?

 

D.K. : Tous ceux que vous venez de citer mènent un combat d’arrière garde, qui n’a aucune chance de succès devant les juridictions compétentes.  Il est un fait que la nouvelle constitution de la RDC consacre l’autonomie financière et administrative des provinces, et qu’elle détermine les matières de compétence exclusive dévolues à celles-ci.

J’ai beau retourné la Constitution dans tous les sens, je ne vois vraiment pas la base sur laquelle leur position est assise.  En clair, dans les matières qui leur sont reconnues, la Ville et plus généralement les provinces sont habilités à créer et/ou constater et liquider toutes taxes et redevances liées à la matière publicitaire extérieure.

En définitive, pour votre afficheur, les choses sont désormais plus simples.  Il demande son autorisation au Gouverneur de la Ville, et paie ses taxes et/ou redevances devant les services habilités de la Ville.  La volonté du Gouverneur est inébranlable à ce sujet.

 

Propos recueillis par

Francis Wambole

 

Pour mettre fin au désordre et à l’anarchie, le Parlement provincial, sur proposition du Gouverneur, a voté un Edit sur la réglementation de l’implantation des structures de publicité et l’affichage publicitaire dans la Ville de Kinshasa, promulgué le 28 décembre 2007.

Le Gouvernement central conteste cette initiative arguant de l’inconstitutionnalité de l’Edit.  On assiste désormais à une sorte d’épreuve de force entre les services centraux et urbains de la Culture et Arts, auxquelles s’ajoutent l’Urbanisme et les Travaux publics. Les professionnels de la publicité sont déboussolés.  Ils veulent être confortés et sécurisés. A qui doivent-ils s’adresser ?  Vont-ils être victimes d’une double taxation ?  La réponse dans cet entretien que Afronews a eu avec Monsieur Didier Kuba Kusuti, Secrétaire Technique de la Commission sur la Publicité Extérieure, basée à l’Hôtel de ville.  

 

Francis Wambole :  En promulguant un Edit provincial sur la Publicité, le Gouverneur de la Ville de Kinshasa semble intervenir dans une matière qui est de la compétence du Gouvernement central, tapant du poing sur la table.  Est-ce là une nouvelle variante de la lutte que se livrent les provinces et le pouvoir central pour la gestion des ressources financières ?

 

Didier Kuba : Il faut d’abord circonscrire de quoi l’on parle exactement.  Ici, nous parlons des dispositifs publicitaires implantés et/ou affichés dans la Ville; tels les panneaux publicitaires, les banderoles, les enseignes lumineuses, les logotypes, les publicités peintes sur les murs … etc : en clair, la Publicité Extérieure.  

Alors qu’aucune autorisation n’est accordée par le Gouverneur, il est constaté, dans la Ville, une floraison d’activités d’implantation des structures de publicité et d’affichage publicitaire. Chacun fait ce qu’il veut, quand il veut, où il veut et, finalement, prend les autorisations où cela l’arrange, bafouant du même coup l’autorité de l’Etat, ignorant en cela les dispositions légales et réglementaires en la matière.  Le Gouverneur de la Ville, en promulguant cet Edit, a manifesté une volonté politique forte, celle de restaurer l’Autorité de l’Etat, réaffirmer la primauté du droit, et enfin souligner que le processus de tolérance zéro est désormais d’application, dans le secteur de la Publicité Extérieure.

 

F.W. : Dans plusieurs correspondances adressées aux professionnels de la Publicité, le Secrétaire général à la Culture affirme que la publicité est de l’Art. Auquel cas, la Constitution est claire et sans équivoque, c’est une matière qui rentre dans les compétences exclusives du Pouvoir central (art 202, alinéa 2).  Dites-nous, l’Edit provincial est-il inconstitutionnel ?

 

D.K. : La publicité, dans son aspect globalisant, est essentiellement la maîtrise des techniques pour vendre un produit ou un service.  Elle n’est donc pas un Art stricto sensus, et ne peut être intégré dans les matières exclusives du pouvoir central, tel que disposé dans la Constitution en art 202, alinéa 2.   Mais, pour tordre le cou, définitivement, à cette assertion d’ailleurs assez légère, il faut le reconnaître, développons encore plus...  La publicité n’est pas un Art.  Elle n'en a ni la pure subjectivité ni la gratuité, même si, c’est vrai, elle est d'abord une activité de création, une œuvre de l’esprit. Elle a des objectifs concrets, précis, prosaïques même, au service de tiers.  Le discours publicitaire, et même l’affichage, a ses règles propres. Sa vocation fondamentale n'est pas de plaire ou de distraire, mais d'influencer dans un sens déterminé et dans des délais assez rapides. Alors parler d’Art, en ce qui concerne la Publicité, est complètement abusif, et ne relève que d’un débat sémantique, du reste assez stérile… Et évoquer, dans le même mouvement, l’inconstitutionnalité de l’Edit n° 004/2007 sur cette seule base est un galvaudage des concepts juridiques.

 

F.W. C’est une argumentation séduisante, mais faible juridiquement…

 

D.K. : Il ne faut pas vous laisser abuser par les textes réglementaires que brandissent les uns et que récitent mécaniquement les autres. Disons-le clairement. Ici, la matière, c’est la publicité extérieure.  Et le siège de cette matière, c’est incontestablement l’ordonnance 97/327 du 15 octobre 1955.  Ce texte jamais abrogé donne compétence au seul Gouverneur de province en matière de Publicité Extérieure.

Lors de son intervention devant les professionnels de la Publicité de la Ville de Kinshasa, le 15 août 2007, le Gouverneur, déjà, rappelait les prescrits légaux et réglementaires dans le secteur de la publicité, et proposait une démarche pour assainir le secteur, amorcer le processus d’embellissement de la Ville, stopper l’anarchie développée par certains membres de la corporation, et mettre en place une sorte de guichet unique pour ce qui concerne le paiement des taxes et autres droits du à la Ville.  

 

F.W.: La gestion de la taxe sur la publicité, sous ses différentes formes, relève de la compétence du Ministre de la Culture et des Arts dixit le Secrétaire Général à la culture dans une lettre adressée aux Professionnels de la publicité ?

 

D.K. : Il ne m’appartient pas d’entretenir une discussion juridique de haut vol avec le Secrétaire Général à la Culture.  Nos juristes, et autres experts sont d’ailleurs là pour mettre en musique la très forte volonté politique exprimée par le Gouverneur.  Cependant, dans le temps et le lieu de cet entretien, je me contenterai juste de la relayer et, excusez-moi l’image, d’en faire la publicité. Je rappelle ici que cette volonté politique a été sanctionnée par l’adoption à l’Assemblé provinciale de Kinshasa de l’Edit n° 004/2007.  Cette loi rend caduque toute autorisation obtenue antérieurement à sa promulgation, et soumet désormais toute demande d’autorisation, en matière de publicité extérieure, aussi bien d’implantation de structures de publicité que d’affichage publicitaire, sur quelque support que ce soit, à la seule sanction d’un seul centre de décision, à savoir la décision du seul Gouverneur de la Ville.

En effet, Quel est ce quidam qui accepterait que l’on vienne afficher et implanter, dans sa basse cour, n’importe quand, n’importe comment, n’importe où, qui plus est, en payant à qui l’on veut.  

Sur base de quel texte, un Gouverneur de Province, par ailleurs, seul Autorité, selon les dispositions de l’actuelle Constitution, à aménager son territoire, peut-il accepter l’anarchie qui s’est installée dans le secteur de la publicité à Kinshasa, qui peut accepter l’enlaidissement accéléré de sa ville, et de plus favoriser l’évanouissement des ressources nécessaires à la reconstruction de sa Ville ?

Ce quidam là, ce n’est sûrement pas André Kimbuta.  Le Gouverneur de la Ville de Kinshasa, lui, a dit non ! Triplement non !

Il l’a fait savoir clairement d’une part en exécutant la volonté du peuple de Kinshasa, matérialisée par cet Edit voté par l’Assemblée provinciale de Kinshasa, et d’autre part en édictant promptement des mesures d’application, par un Arrêté, n° SC/0064/BGV/Ass.DirCab/PLS/2008.

L’anarchie, le désordre, la déresponsabilisation des services de la Ville, C’est désormais fini… La Ville se dote peu à peu des instruments juridiques pour débroussailler cette jungle.  Faites confiance au Gouverneur…

 

F.W.: Concrètement, que fait l’opérateur économique, l’afficheur qui se retrouve devant une multitude de textes légaux, et d’injonctions diverses provenant entre autres du Secrétariat général à la culture, des ministères des travaux publics et de l’Urbanisme du Gouvernement central, et d’autres services du Gouvernement central ?

 

D.K. : Tous ceux que vous venez de citer mènent un combat d’arrière garde, qui n’a aucune chance de succès devant les juridictions compétentes.  Il est un fait que la nouvelle constitution de la RDC consacre l’autonomie financière et administrative des provinces, et qu’elle détermine les matières de compétence exclusive dévolues à celles-ci.

J’ai beau retourné la Constitution dans tous les sens, je ne vois vraiment pas la base sur laquelle leur position est assise.  En clair, dans les matières qui leur sont reconnues, la Ville et plus généralement les provinces sont habilités à créer et/ou constater et liquider toutes taxes et redevances liées à la matière publicitaire extérieure.

En définitive, pour votre afficheur, les choses sont désormais plus simples.  Il demande son autorisation au Gouverneur de la Ville, et paie ses taxes et/ou redevances devant les services habilités de la Ville.  La volonté du Gouverneur est inébranlable à ce sujet.

 

 

Propos recueillis par

Francis Wambole